Aristotle and Dante Discover the Secrets of the Universe de Benjamin Alire Sáenz

Aristotle and Dante Discover the Secrets of the Universe est le premier tome d’une duologie.

Aristotle est un adolescent perdu et en colère dont la vision du monde se rapproche de celle d’un adulte. Son grand frère est en prison et ses parents refusent de parler de lui ainsi que des raisons expliquant son incarcération, et cela lui pèse énormément sur le coeur. Pourtant solitaire et renfermé, Aristotle va vite se lier d’amitié avec Dante alors que tout semble les opposer. Plus ils passent de temps ensemble, plus ils découvrent qu’ils partagent une relation spéciale – une amitié indescriptible destinée à durer pour l’éternité. C’est d’ailleurs à travers ce lien qui les unit que les deux amis vont déceler la vérité sur eux-mêmes.

Comme je suis triste… J’ai entendu tellement de bien de ce roman, mes amis lecteurs ont tous adoré ce livre sans exception, et moi… J’ai l’impression d’être totalement passée à côté de quelque chose! Je n’ai ressenti aucune émotion, je n’ai pas réussi à me connecter aux personnages – je n’ai même pas été convaincue par le message délivré par l’auteur. Pourtant, ce livre est loin d’être mauvais, il est plutôt bien écrit et met en avant des étapes importantes de l’adolescence. Mais voilà, je suis restée de marbre face à tout ça! Mais rembobinons depuis le début, voulez-vous?!

Aristotle (Ari pour les intimes) a toujours été un garçon solitaire, ce qui est à la fois un fardeau et une bénédiction. Pour celui-ci, il vaut mieux être seul que mal accompagné, en plus il aime pouvoir observer le monde dans la tranquillité! Sauf qu’il y a des moments où il aimerait pouvoir parler à quelqu’un, avoir une vie comme tout le monde. Parce que voyez-vous, Ari n’a pas le sentiment de vivre pleinement son adolescence, il se pose sans cesse des questions quant à sa place dans la société, et sa maturité le rend plus adulte que la plupart des jeunes de son âge! Interesting.

Mais hallelujah, Dante arrive à la rescousse de notre héros! Alors qu’Ari s’apprête à apprendre à nager par lui-même, Dante lui propose de lui enseigner l’art de la nage! Ils se lient rapidement d’amitié, Ari voit tout de suite que Dante est différent des autres garçons de leur âge: il est instruit, gentil et fait preuve d’une grande sensibilité. Les deux amis sont tout l’opposé l’un de l’autre, et pourtant ils ne changeraient pour rien au monde de compagnon.

J’ai beaucoup aimé les quelques cinquante premières pages du roman (oui, on touche un peu le ridicule là…), j’étais si certaine d’être tombée sur un bijou! Les deux protagonistes sont différents mais si complémentaires à la fois – je trouvais que l’insécurité d’Ari se mariait bien avec la spontanéité de Dante. Mais j’ai vite déchanté parce que j’avais l’impression d’avoir été dupée par Ari. Vous savez, quand vous rencontrez cette personne géniale mais que celle-ci ne s’avère pas aussi extraordinaire qu’elle le faisait bien penser au départ? Bah, c’est un peu le cas ici. Ari qui était si touchant, réservé et un tantinet rebelle, se montre par la suite ingrat, agressif, antipathique… NOPE.

J’étais très déçue par ce changement de caractère! Alors, je sais qu’il doit faire face à tout un tas de problèmes dont l’absence douloureuse de son frère, ce que je comprends amplement. Ses parents lui cachent les raisons justifiant la présence de son frère en prison, ses soeurs sont plutôt distantes, puis il y a le fait qu’il n’a pas d’amis à l’exception de Dante. Toutefois, il y a des moments où j’avais juste envie de le secouer et de lui crier qu’est-ce que tu fous! Et honnêtement, son introspection a eu tendance à m’agacer, il remet tout en question! J’apprécie la belle philosophie mais au bout d’un moment faut changer de disque!

Another secret of the universe: Sometimes pain was like a storm that came out of nowhere. The clearest summer could end in a downpour. Could end in lightning and thunder.

A part ça, Dante est un personnage en or, s’il n’avait pas été là j’aurais abandonné ma lecture. Il aime la poésie, défend la cause animale, il est intéressé par tout ce qu’il fait, et j’ai adoré son côté direct. En fait, ce dernier est tellement direct que j’ai rigolé par la brutalité de ses questions qui peuvent survenir à tout moment – questions souvent étranges et intimes. Cette curiosité m’a fait sourire tout au long du livre!

L’autre point positif, ce sont les parents d’Ari et de Dante, je les ai trouvés géniaux! Malgré leurs problèmes, ils sont toujours présents pour leurs enfants et sont d’une grande tolérance. Je pense que ce qui m’a le plus plu, c’est que les deux familles se côtoient, l’amitié ne concerne pas uniquement les enfants, mais aussi les parents! Et oui!

Sinon, ce que j’ai trouvé intéressant, c’est que l’histoire se déroule en 1987, et qu’à cette époque-là il y avait pas mal de questions sociales notamment en ce qui concerne l’homosexualité. Il y avait tellement de problèmes à aborder avec cette période que j’ai été déçue par le fait que l’auteur ne les intègre pas dans son récit. Je me suis demandé à quoi cela pouvait bien servir de choisir une date aussi précise si ce n’était pas pour en extirper le contexte politique et social et faire émerger la fragilité des adolescents à cet âge-là…

Comme je le disais, je n’ai pas réussi à me connecter à Ari dont on suit la narration. Je n’ai pas aimé le fait qu’il y ait trop de répétitions et que le héros soit trop vulgaire dans des situations où cela n’était pas nécessaire (les jurons, ça ne va pas à tout le monde). Il m’a malheureusement rappelé Earl dans Me and Earl and the Dying Girl, livre que j’ai vraiment détesté!

Pour ce qui est de la résolution de l’histoire, elle est bien décevante: tout ça pour ça! Sérieusement, c’était censé être une découverte? Je sais qu’Ari recherche sa propre identité et que c’est le sujet principal, mais le tout m’a paru bien forcé. Je pensais m’être trompée, mais voilà que l’auteur nous plonge dans un « revirement de situation » dans les quatre dernières pages… Mouais… Je ne suis pas convaincue de ce résultat étant donné que je n’ai vu aucun sentiment contradictoire de la part du personnage principal. Du coup, c’est comme si tout cela sortait de nul part.

En conclusion, ce premier tome me semble vide de profondeur et de complexité malgré le fait qu’il ne soit pas foncièrement mauvais. Entre nous, je ne vois pas bien l’utilité d’un second opus!

 

Jennifer

Hello!
Ici Jennifer, blogueuse littéraire qui lit en anglais et qui adore tellement bavarder qu’elle en écrit de longues revues. Oups. Mais c’est pas grave! Viens découvrir mes chroniques et passe du côté obscur de la force! On est bien du côté obscur, non?

4 pensées sur “Aristotle and Dante Discover the Secrets of the Universe de Benjamin Alire Sáenz

  • Ah non mais là, je ne comprends pas du tout l’engouement autour de ce bouquin, je l’ai trouvé tellement vide dans le fond… x)

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  • Ce roman me tentait déjà pas trop, là tu m’as convaincu: Next!! 🙂

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  • Ah bon? Bah tu vois, je suis un peu surprise parce que je n’ai vu que des avis positifs! C’est pour ça, je pensais vraiment que c’était un livre fort en émotions et tout (certains ont pleuré), mais moi que nenni! Soit j’ai un coeur de pierre soit les autres ont un coeur de guimauve 😀

    T’as bien raison de l’emprunter, c’est ce que j’aurais fait si j’avais pu, mais comme je lis uniquement en VO… Je me contente du format kindle moins cher, c’est pratique pour ne pas se retrouver avec plein de livres que je n’aime pas dans la bibliothèque ^^

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  • J’hésite à lire ce livre, parce que j’avais déjà vu des avis très mitigés dessus, même avant ta chronique ! Du coup je pense que si un jour je tombe dessus à la bibliothèque je l’emprunterai, mais je n’irai pas l’acheter parce que j’ai franchement pas envie de débourser des sous pour une lecture moyenne mais il m’intrigue quand même un peu donc j’ai envie de faire ma curieuse :p

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