Captive Prince de C.S. Pacat

Captive Prince est le premier tome d’une trilogie.

Damianos est le prince d’Akielos et l’héritier légitime et digne du roi Theomedes. Alors que la journée paraissait idyllique, Damianos est capturé par des soldats et ses serviteurs tués les uns après les autres sans qu’il n’en comprenne la raison: des ennemis envahissent-ils le palais? Peu importe, celui-ci est enchaîné et traîné avec d’autres esclaves, et apprend que le roi est décédé et que son demi-frère Kastor a pris position sur le trône. Histoire d’en rajouter une couche, il découvre qu’il est offert en cadeau à Laurent, prince de Vere, en guise d’esclave sexuel. Damianos, alors rebaptisé Damen, va jouer son rôle d’esclave en jurant de s’échapper et de faire payer Kastor pour tout le mal qu’il a lui fait.


J’ai failli passer à côté de cette série. C’est grâce à Sarah J. Maas que j’ai connu la trilogie, et étant donné que j’aime ses livres, je lui ai fait confiance. J’ai eu raison et j’en suis fière! Ce premier tome m’a rendu accro à l’histoire, aux personnages et à leur relation assez corsée.

J’ai l’impression que la série est réduite à des clichés traumatisants: sexe, pédophilie, viol, déchauche… Alors, oui, il y en a mais ce n’est pas que ça. J’avoue que j’ai été dégoûtée par les scènes qui touchaient les enfants, les viols et toutes les atrocités qui vont avec. Mais faut savoir que l’auteure n’inclut pas ces scènes dans le but de choquer ou de provoquer mais parce qu’elles sont inscrites dans le système socio-politique de son récit. Il faut quand même se dire qu’au temps des rois, les moeurs n’étaient pas les mêmes qu’aujourd’hui, et malgré ce dégoût pour ce système-là, j’ai apprécié que l’auteure ait pris des risques dans le but de rester crédible et de coller à son idée à elle de l’empire.

Pas de blabla inutile, on entre vite dans le vif du sujet avec le prologue. Peu importe les scènes, les dialogues, je ne me suis pas ennuyée une seule seconde. J’ai dû me forcer à aller au lit à 4h du matin parce que je ne pouvais pas décrocher de l’histoire. C.S. Pacat est une reine, j’ai avalé chaque mot sans broncher, son style est parfait, elle ne tourne pas autour du pot. J’ai d’ailleurs eu le sentiment que Sarah J. Maas s’est un peu inspirée d’elle d’une certaine manière (sans pour autant copier attention!).

Concernant l’univers: celui-ci est à en faire grincer les dents. Akielos et Vere sont des ennemis de longue date mais qui ont signé un traité de paix dans le but d’éviter les pertes des deux côtés. Pour autant, ces deux territoires se détestent profondément mais on se demanderait bien pourquoi, étant donné qu’ils fonctionnent pratiquement de la même manière. En effet, ils utilisent les esclaves, pratiquent la débauche, la barbarie, la tromperie… Surtout ce qui est choquant, c’est l’utilisation des enfants comme jouets sexuels.

Il y a les maisons closes…mais à Vere, les Hommes de haut-rangs ne doivent pas avoir de rapport sexuel avec le sexe opposé pour éviter d’engendrer des bâtards. Du coup, l’institution fait qu’au bout d’un certain âge, les enfants sont éduqués pour satisfaire sexuellement leur maître. Les hommes choisissent leur esclave sexuel masculin et les femmes leur esclave sexuel féminin. Ca choque, ça dégoûte mais ça n’empêche pas l’intérêt porté à cette histoire. Je dirais même que ce livre dépeint des personnages nauséabonds détestables, et c’est très rare pour un livre de pouvoir véhiculer autant de sentiments forts.

Concernant les personnages: Damen, en plus d’être prince, est un guerrier. J’ai vite apprécié son personnage: rigolo, courageux, altruiste, grande gueule, intelligent. Ce qui est bien dans ce livre, c’est qu’on a des personnages libérés, sans orientation sexuelle prédéfinie, ils aiment qui ils aiment, ils couchent avec qui bon leur semble. Ensuite, on a Laurent, que j’avais vite détesté. Mais malgré moi, j’ai aussi été séduite par sa froideur, son intelligence, le mystère qui l’entoure, sa neutralité. A chaque fois que je tournais les pages, j’étais pressée de voir leurs interactions.

Cependant, même si Laurent est détestable à première vue, j’ai eu par moment le sentiment qu’il cachait de bonnes valeurs et que ça expliquait pourquoi certaines situations n’ont jamais empiré alors qu’elles auraient très bien pu. Leur relation m’a frustrée, émerveillée, énervée. On pourrait s’attendre à ce que les personnages se rapprochent rapidement mais pas du tout, il y a des stades émotionnels qui rendent complètement accro ! Mais bon, je l’avoue, je suis fascinée par Laurent…Laurent, Laurent ! Et puis, j’ai adoré les répliques. Des fois, j’avais l’impression que nos personnages ne se rendaient pas compte de la complicité qu’ils dégagent. Certes, cette complicité n’en est pas réellement une, mais ça pourrait être deux amis qui se vannent l’un et l’autre. Comme je disais, c’est complexe.

Si la situation de Damen n’est pas facile, étant un barbare d’Akielos, et Akielos et Vere étant ennemis, son secret peut rendre la chose encore plus désastreuse. Je n’ose même pas imaginer ce qu’aurait fait Laurent à Damen s’il le savait (et ce qu’il lui fait subir est déjà assez sadique comme ça). Du coup, on est sous tension car même si les deux protagonistes semblent trouver, un peu maladroitement, le moyen de vivre l’un avec l’autre, on craint de voir la situation s’effondrer.

Captive Prince n’offre pas de solutions faciles mais uniquement les réponses les moins pires (lorsque possible et voulues). Pour apprécier le livre comme il se doit, il faut être ouvert d’esprit et avoir du recul, si vous n’avez pas ça, vous allez le détester.

Aussi, c’est une série un peu spéciale (en tout cas de ce que j’en tire à la lecture de ce premier livre) parce qu’il n’y a pas de grandes actions ni réellement d’intrigues. Le truc, c’est que l’on suit plus le développement émotionnel et personnel que le développement contextuel. Je ne sais pas si c’est pareil pour la suite, mais ça ne m’a pas empêché d’aimer le livre, c’est que Madame Pacat a du talent ! Les intrigues sont très subtiles, et on s’en rend compte lorsqu’on ferme le livre. Pacat ne divulgue pas ses intrigues, c’est à nous, lecteurs, de les comprendre par les actions et paroles de chaque personnage.

Personnellement, si les deux autres livres sont à la hauteur de celui-ci voire meilleurs, la série va vite devenir l’une de mes favorites.

Ah oui, le contenu du livre est explicite (je parle notamment des scènes de sexe) donc à ne pas mettre entre n’importe quelle main.

Je sais que le livre est classé LGBT et que ça peut rebuter certains mais, clairement, c’est du pur cliché. Le livre n’est pas catégorisable, il y a vraiment de tout, ce qui rend ce livre d’autant plus génial et complexe.

 

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Captive Prince

L’Esclave

 

Jennifer

Hello!
Ici Jennifer, blogueuse littéraire qui lit en anglais et qui adore tellement bavarder qu’elle en écrit de longues revues. Oups. Mais c’est pas grave! Viens découvrir mes chroniques et passe du côté obscur de la force! On est bien du côté obscur, non?

2 pensées sur “Captive Prince de C.S. Pacat

  • Ah ! Merci pour ta recommandation ! J’ai les livres dans ma liste d’envie, je m’y mettrai bientôt. 😀

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  • tu devrais lire la duologie Red Queen de Victoria Aveyard… (si tu ne l’as pas deja lu..) j’ai adore ce livre

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