Geekerella de Ashley Poston

Geekerella est le premier tome de la duologie Starfield.

Depuis toute petite, Danielle voue une passion inconditionnelle pour la série culte de science-fiction Starfield. Mais avec la mort de son père, décédé quelques années après sa mère, le show a pris une toute autre importance pour cette dernière: il est devenu le seul lien à la rattacher aux souvenirs de ses parents et à leur permettre de continuer à vivre malgré leur disparition. Ainsi, quand elle apprend qu’un concours de déguisement dédié à Starfield se tiendra à ExcelsiCon et que le prix n’est autre que la rencontre avec l’acteur principal du film remettant au goût la série, Danielle n’hésite pas longtemps avant de tenter l’aventure. Le hic, c’est qu’elle n’est pas la seule à vouloir assister à cette compétition: ses horribles demi-soeurs sont également de la partie. Une mauvaise nouvelle n’arrivant jamais seule, Danielle est loin de s’imaginer que le garçon avec qui elle converse depuis quelques semaines est l’acteur même qu’elle méprise pour son manque d’implication envers la série d’origine. Leur rencontre va-t-elle tout changer? C’est possible. Après tout, Darien n’a rien de l’image superficielle qu’il laisse transparaître.

En ayant pour thème la réécriture du conte de Cendrillon et les communautés de fans, Geekerella a su titiller mon intérêt. Cela dit, ce sont par-dessus tout les nuances apportées qui m’ont convaincue de lui donner une chance! Entre série de science-fiction culte, adaptation cinématographique et conte de fée moderne, le roman avait tout pour me plaire! Malheureusement, malgré les bons apports, le déroulement de l’histoire n’a pas été aussi exaltant que sa prémisse…

Après la mort de sa femme, le père de Danielle s’est remarié. Mais lorsque ce fut à son tour de mourir, Danielle s’est retrouvée à vivre seule face à une belle-mère peu aimante et des demi-soeurs mesquines qui la marginalisent. Ne détenant plus rien lui rappelant ses parents (merci la méchante belle-mère qui s’est débarrassé de leurs affaires), la jeune geek concentre toute son attention sur Starfield, une vieille série de science-fiction dont son père et sa mère étaient d’incommensurables fans et dont la passion a fini par lui être transmise.

D’ailleurs, Danielle détient un blog dans lequel elle fait part de son amour pour le show, et surtout, de son exaspération envers Darien Freeman, l’acteur ayant pour rôle le mythique Prince Carmindor dans l’adaptation cinématographique. Pour elle, il n’est qu’un beau garçon sans cervelle qui ne sait strictement rien de la série et du héros qu’il incarne. Elle n’a donc aucune pudeur à le critiquer publiquement. Tout ce qui compte, c’est qu’elle puisse fuir sa monstrueuse famille afin de participer au concours du meilleur costume organisé par ExcelsiCon et de faire ainsi honneur à ses parents.

Look to the stars. Aim. Ignite.

Pourtant, Darien est différent de l’image qu’il renvoie. Contrairement à ce que pensent les fans de la série, ce n’est pas l’appât du gain qui motive l’acteur, mais le rêve d’interpréter son personnage favori. S’il se montre superficiel pour divertir une foule ne s’intéressant qu’à sa plastique, Darien vit très mal l’invasion de sa vie privée: entre séances d’autographes, émissions télé scénarisées, photos prises à son insu et obligation d’assister aux conventions qu’il tant redoute, ce dernier ressent le besoin d’échapper à son public. C’est pourquoi, lorsqu’il découvre qu’il est l’invité d’honneur du concours tenu par ExcelsiCon, il essaye coûte que coûte de faire annuler sa visite.

Cependant, quand il tente de contacter l’organisateur, il tombe sur la messagerie de Danielle. En effet, il se trouve que c’est son père qui a créé ExcelsiCon et que c’est à elle qu’est revenu le numéro de téléphone après son décès. Suite à plusieurs échanges, Darien trouve sans le savoir du réconfort en la fille qui le blesse en ne manquant pas de le juger sur la toile, et Danielle réapprend la définition du bonheur grâce à ce garçon dont elle ne connaît l’identité. Leur rencontre devant se faire le jour de la compétition, chacun se demande si l’autre l’acceptera pour sa vraie personne.

Si vous voulez une romance toute mignonne, ce livre est peut-être fait pour vous! En fait, le premier aspect qui m’a plu, c’est la plausibilité de la rencontre entre Danielle et Darien. Oubliez le scénario bateau de l’outsider qui attire comme par hasard le regard de la personne la plus populaire! Ici, la connexion se produit de manière naturelle, et les protagonistes prennent tellement de plaisir à communiquer ensemble qu’ils se fichent de savoir s’ils ont affaire à une personne du sexe opposé. C’était rafraîchissant d’avoir une priorité donnée au bienfait de l’interaction sociale!

Starlight, star bright, you can be anyone you want to be tonight.

Il est aussi très facile d’apprécier les personnages. D’un côté, on a Danielle, pour qui on ressent énormément de compassion. Avec une belle-famille qui la rejette ouvertement et qui fait tout pour effacer l’existence de ses parents, on est vite scandalisé par tant de cruauté! Ce qui m’a le plus sorti par les yeux, c’est combien la belle-mère bichonne ses filles qu’elle pense parfaites alors que… Euh… Ce sont des quiches sur pattes qui méritent des paires de claques. Je trouve ça si horrible de priver un enfant des souvenirs de sa famille, l’auteure a réussi à me faire ressentir le désarroi de Danielle ainsi que son besoin d’aller vers quelque chose de meilleur!

Heureusement, il y a Sage, la collègue et meilleure amie de Danielle qui travaille au Magic Pumpkin. A la fois bizarre et excentrique, Sage est notre Marraine La Bonne Fée qui vient encourager notre héroïne à oser l’impossible. En plus de venir diversifier une gamme de personnages déjà représentative par son homosexualité, celle-ci vient donner du peps à l’histoire avec son caractère bien trempé et bien décidé! Si vous avez lu le roman, vous avez certainement aimé la scène « rentre-dans-le-lard » qui m’a fait éclater de rire!

De l’autre côté, Darien est étouffé par la rigueur de la célébrité. Avec lui, on parvient à distinguer une différence de standing entre la personne de l’acteur et le personnage de l’acteur. En tant que personne, Darien veut pouvoir afficher sa vraie personnalité et avoir une vie normale. Mais le profil n’étant pas vendeur, il doit jouer un deuxième rôle en prime de celui du Prince Carmindor: celui de l’acteur drôle et beau que le public doit s’arracher. De ce fait, on en vient soit à idéaliser l’acteur, soit à le désacraliser. Si Darien s’est avéré attachant, c’est celui pour lequel j’ai eu le moins d’empathie car il n’est pas aussi démuni que l’auteure voudrait bien nous faire croire!

Do I not meet your fangirl expectation?

Néanmoins, malgré les aspects positifs, il y a des éléments qui n’ont pas été traités à la hauteur de mes attentes. Tout d’abord, j’ai eu du mal avec la passivité des héros. Encore, pour Danielle, je peux comprendre. Se rebeller n’aurait fait qu’aggraver les choses dans son cas. En revanche, Darien a les moyens financiers de concrétiser son indépendance, alors pourquoi ne prend-t-il pas les devants pour se détacher de ce qui le rend malheureux? C’est une grande star, a priori, il peut demander ce qu’il veut, il l’aura. Il peut changer son équipe quand il veut, n’importe qui voudra travailler pour lui.

Ensuite, j’avais un gros manque d’intérêt pour Starfield. J’ai bien senti que c’était une série importante pour les protagonistes mais je n’ai pas été transportée par l’univers. C’est pas comme avec Eliza and Her Monsters où la création artistique fait écho aux émotions du personnage, ici, on a plus l’effet de communauté brut sans la valeur ajoutée des sentiments. Je pense aussi que c’est un problème de contenu. Comme les héros font référence à des scènes inconnues du lecteur, on a du mal à se sentir concerné et à faire parti du fandom!

Par ailleurs, j’aurais souhaité que l’auteure pousse un peu plus loin sa réflexion sur les agressions commises par les femmes envers la gente masculine! Darien subit les caprices de fans qui le suivent partout et qui n’hésitent pas à l’embrasser sans son consentement, et personne n’est choqué car c’est un garçon et que, par conséquent, il doit forcément apprécier. Avec son point de vue, on voit très bien que ce n’est pas le cas! Selon moi, ça méritait que l’on creuse la question de l’agression sexuelle dirigée à l’encontre des garçons.

Pour terminer, j’aurais voulu que la confrontation entre Danielle et Darien se manifeste plus tôt dans le récit. C’est vrai qu’il faut laisser aux personnages le temps de se connaître un minimum, mais je pense qu’il y avait matière à rendre l’histoire plus excitante… Or, je me suis pas mal ennuyée… x)

J’ai moins accroché à Geekerella que je ne l’espérais mais ce fut tout de même une lecture agréable. Au fait, si la mise en contexte est longue, c’est parce qu’on a deux points de vue, hehe.

Note: je tiens à remercier NetGalley ainsi que Quirk Books pour m’avoir gracieusement fourni une copie de ce livre.

 

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Jennifer

Hello ! Moi, c'est Jennifer, une blogueuse littéraire pétillante qui lit en anglais et qui adore tellement bavarder qu'elle en écrit de longues revues. Oups. Mais c'est pas grave ! Viens découvrir mes chroniques et passe du côté obscur de la force ! On est bien du côté obscur, non? ツ

6 pensées sur “Geekerella de Ashley Poston

  • J’aime bien les réécritures de contes, surtout que là, c’était carrément original, mais j’ai peur que les points négatifs que tu soulèves ne m’agacent… C’est dommage parce qu’il y a plein de petites choses qui je pense m’auraient plu dedans.

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    • Oui, les idées étaient là mais pas assez développées pour faire sortir ce roman du lot!

      Le gros problème vient quand même de la tardiveté de la rencontre entre les personnages… La quatrième de couverture met l’accent sur cet aspect du livre alors qu’il ne constitue qu’une minime partie de l’histoire. C’est dommage ^^

      Après, j’ai eu une ARC donc il se peut que la version finale soit mieux?

  • Oui… pourquoi pas ? Je ne suis pas tellement fan de l’histoire de Cendrillon mais ça pourrait être une romance sympa à lire au bord de la plage où je n’irai pas.
    Je ne sais pas s’il est dispo en VF (seul inconvénient de ton blog pour moi : tu proposes de bien jolies lectures… non disponibles en VF ahah) mais pourquoi pas ? Je le garde en tête 😉

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    • Au bord de la plage où tu n’iras pas. Hmmm, autant dire que ce livre n’a aucune chance d’être lu xD
      Mais bon, en même temps, y a mieux, je ne te le cache pas!

      Il faut se remettre à la VO alors, hihi.

  • Bon, ton avis me fait me dire que le livre n’est finalement peut-être pas si bien que ça, mais j’adore le résumé en tout cas ! La réécriture de Cendrillon version geek du XXIe siècle avec le concours de cosplay, je trouve ça hyper cool comme idée 😀 après, si c’est juste une romance bateau, ça ne m’intéresse pas, mais s’il y a des côtés plus profonds (comme les agressions sexuelles sur les hommes comme tu dis, même si c’est pas assez exploité), ça me donne quand même un peu envie de le lire 😛

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    • C’est ça qui est dommage… Malgré une prémisse alléchante, j’ai l’impression d’avoir survolé tous les éléments censés être importants ^^
      Justement, la romance n’est pas bateau, la façon dont ils se rencontrent sort des clichés qu’on retrouve pour ce genre de thématique! Après niveau profondeur, on repassera… Y avait matière à rendre cette lecture plus engageante mais l’auteure est passée à côté!

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