Little Monsters de Kara Thomas

Après avoir fui le domicile parental au sein duquel elle vivait avec sa mère biologique, Kacey débarque à Broken Falls et emménage avec son père et sa nouvelle famille. Sur place, elle y découvre un mode de vie plus sain, forme de nouvelles amitiés, développe un don pour l’art et obtient même un nouveau job… Mais tout s’écroule du jour au lendemain lorsque l’une de ses amies disparaît dans de mystérieuses circonstances. Voyant que les autorités n’y mettent pas du leur pour enquêter sur cette disparition, l’adolescente décide d’investiguer et fait d’étonnantes découvertes. Elle s’aperçoit qu’elle ne peut faire confiance à personne et que le coupable n’est peut-être pas celui que l’on croit. Mais il y a quelque chose d’étrange chez Kacey. Cette dernière a comme le don de dénicher les indices là où les autres peinent à les trouver. Rien n’est certain concernant l’identité du coupable, mais une chose est sûre: parfois, les monstres peuvent revêtir la plus innocente des apparences.

Je ne sais pas pourquoi, mais il y a des périodes comme ça où j’ai envie de lire un bon thriller. Alors quand j’ai vu que Little Monsters avait une ambiance proche de celle de Pretty Little Liars, je n’ai pas hésité une seule seconde! Bah attendez, quand on me promet un whodunnit bien rythmé qui mélange frissons et révélations choquantes, je ne me pose pas de question. J’achète. Mais alors… Little Monsters a-t-il été à la hauteur de mes espérances? Hmm, let’s see!

Kacey entretient une relation houleuse avec sa mère biologique, celles-ci se disputent sans cesse et ont même déjà eu recours à la violence. Du coup, quand la protagoniste intègre sa nouvelle famille, tout va beaucoup mieux. Malgré qu’elle ne connaisse pas son père et que ce dernier ne s’intéresse pas à elle, Kacey est accueillie à bras ouverts par le reste de la famille: son demi-frère Andrew sympathise très vite avec elle, sa demi-soeur Lauren l’adore plus que tout, et enfin, sa belle-mère se montre très impliquée dans son rôle parental.

Cependant, il ne s’agit pas du seul changement puisque l’héroïne se fait également de nouvelles amies, notamment Bailey et Jade. Contrairement à Kacey, qui aime passer du temps en famille, Bailey et Jade sont aventureuses et fêtardes. Pour elles, un refus n’est pas acceptable. Il faut que Kacey fasse partie de tous leurs plans. Alors pourquoi les deux amies n’ont-elles pas invité Kacey à la plus grande soirée jamais organisée? Peu importe. Quand Bailey disparaît sans laisser de traces à l’issue de cette fête, tous les yeux se tournent vers Kacey, la fille louche de Broken Falls qui semble faire avancer un peu trop rapidement l’enquête. Plus ils regardent de plus près, plus ils voient une coupable.

There’s no easy way to tell a kid that sometimes the outside is safer than the inside.

Kara Thomas ne tarde pas à nous immerger au coeur de son atmosphère palpitante et pleine de tension. Broken Falls est une petite ville où tous les habitants se connaissent et se font confiance, il est donc inimaginable que des crimes s’y produisent. Et pourtant, la ville n’en est pas à sa première histoire! Un crime sanglant y a déjà été commis, ce qui a d’ailleurs donné naissance à la légende urbaine de la Red Woman. Non seulement on est enivré par la tromperie des habitants qui cachent bien leur jeu, mais en plus, on est à fleur de peau à cause du côté paranormal du récit.

Mais l’auteure ne s’arrête pas là! En plus de cette ambiance déjà bien obscure, on se retrouve avec des personnages au psychique déséquilibré. C’est simple, soit les protagonistes enchaînent les phases difficiles, soit ce sont de vrais psychopathes. Oh non, je n’exagère pas. Cela vient surtout du style percutant de Kara Thomas qui nous permet d’entrevoir une partie de la psychologie de ses personnages. Le roman est raconté du point de vue de Kacey, mais de temps en temps, nous avons des pages du journal intime de Bailey. Du coup, on se retrouve avec des versions contradictoires des personnages! Pour tout vous dire, j’en suis même venue à suspecter l’héroïne principale… C’est le gros bordel, mais bizarrement, cette exploration est très réussie!

Kacey est donc notre narratrice regorgeant de mystères. Si j’ai aimé comment l’auteure a su traité des problèmes familiaux ainsi que la destruction/reconstruction sociale, je n’ai toutefois pas trouvé la protagoniste comme étant le meilleur choix de narration pour ce qui est de l’enquête. Celle-ci commet beaucoup d’erreurs évidentes qui vont la faire plonger un peu plus chaque jour dans cette affaire. J’étais vraiment exaspérée! Ne tire-t-elle donc jamais rien de ses erreurs? Quand on est soi-même étiqueté comme suspect par la société, n’a-t-on pas envie de faire preuve de prudence avant d’accuser les autres? Apparemment non, puisque Kacey est prête à condamner la première personne vers laquelle tous les indices semblent pointer. Le manque de réflexion quoi… Ou est-elle coupable? Hehe…

Evil isn’t a spirit or a monster or a ghost. It lives inside regular people, and it doesn’t know the difference between night and day.

A part ça, l’implication du paranormal dans l’enquête était peu pertinente. Kacey elle-même ne croit pas en la légende de la Red Woman, donc l’auteure nous ferme d’entrée la porte pour de futures hypothèses. Mais aussi, elle n’a pas eu l’impact attendue sur la grande révélation (j’avais tout de suite vu la connexion entre les deux). Au final, je pense que l’aspect fantomatique a bien servi à établir l’atmosphère du livre mais qu’il n’a pas su aiguiser l’intrigue (cf. la voyante et ses yeux en bois qui lit aussi bien les cartes que je vois dans le noir).

Quant aux rebondissements, on va dire que la révélation était en demi-teinte. Le gros problème avec l’auteure, c’est qu’elle a tellement voulu rendre son récit mystérieux qu’on en vient à suspecter tous les personnages! Et forcément, le coupable fera partie de notre liste de suspects – ce qui était mon cas. De ce fait, je n’ai pas ressenti le choc de la découverte (en plus, au fur et à mesure de la progression du livre, on voit à peu près quelles pistes écarter). Je n’ai pas non plus été convaincue par les motivations du coupable, encore moins par les secrets de Bailey…

 

Cliquer pour révéler les spoilers

 

En conclusion, ce roman était loin d’être mauvais, il avait même beaucoup de potentiel. Mais voilà, j’aurais préféré que l’auteure choisisse une seule direction et qu’elle me manipule avec plutôt que de créer toute une toile pour laquelle j’ai fini par perdre de l’intérêt.

 

Le livre est disponible sur Amazon:

Little Monsters

 

Jennifer

Hello!
Ici Jennifer, blogueuse littéraire qui lit en anglais et qui adore tellement bavarder qu’elle en écrit de longues revues. Oups. Mais c’est pas grave! Viens découvrir mes chroniques et passe du côté obscur de la force! On est bien du côté obscur, non?

Laisser un commentaire