Passenger de Alexandra Bracken

Passenger est le premier tome d’une duologie.

Henrietta Spencer (Etta) est une violoniste surdouée, c’est en tout cas ce qu’elle souhaite prouver aux contributeurs de l’oeuvre de charité qui a organisé cette soirée où elle a été conviée. Cette performance censée ériger son talent tourne au désastre: sa mère Rose et sa prof de violon Alice sont absentes alors que cette prestation est d’une grande importance pour Etta. Mais le plus inquiétant, c’est qu’Etta entend un son insupportable prêt à la faire exploser. Alors qu’elle est évacuée de la scène, Etta découvre le corps inerte d’Alice et se réveillera plus tard sur un bateau au beau milieu du XVIII° siècle.


Aimant beaucoup le thème du voyage dans le temps, j’ai été très intriguée par Passenger. Une belle couverture, une intrigue alléchante, une auteure appréciée…j’ai décidé de me pencher sur la chose.

La première chose que je dois dire, c’est que j’ai retrouvé un petit côté Ruby Red avec l’histoire du gène du time traveler qui se transmet de génération en génération, le fait que l’héroïne doit retrouver un objet important perdu depuis des années, les symptômes, et le fait que des rapports sont rédigés par des gardiens du temps pour s’assurer que les time travelers ne se croisent pas par inadvertance… Mais les similarités s’arrêtent là, les personnages sont un peu plus matures et les règles du voyage dans le temps plus compliquées.

Les voyageurs se font de plus en plus rares à cause des guerres entre les quatre grandes familles qui ont eu lieu. Chaque famille voulait détenir le plus de pouvoir possible, parce qu’en contrôlant les événements on s’enrichit, on élimine une potentielle concurrence, on s’érige au sommet de la pyramide du pouvoir. A présent, ces grandes familles sont détruites, ils ne restent plus que quelques vestiges qui se traduisent par des organisations secrètes qui ont des difficultés à opérer. Aujourd’hui, c’est Cyrus Ironwood qui dirige l’empire du voyage dans le temps, rien ne lui échappe, il contrôle tout: les time travelers ne voyagent pas comme ils l’entendent, il y a des règles à respecter, et tout déplacement est calculé et notifié.

Le voyage dans le temps: pas besoin de chronographe pour voyager dans le temps, tout ce qu’il faut c’est un harmonica et connaître les notes de musiques qui ouvriront le passage vers une autre ère. Mais ce qu’il faut aussi, c’est connaître les emplacements de chaque passage. Eh oui! Un voyageur ne peut ouvrir un passage où bon lui semble vers l’époque qu’il désire. Les passages sont variés et chacun mène à une époque précise. Le voyage dans le temps est dangereux même s’il est contrôlé: on peut tomber en pleine guerre, entouré de prédateurs… Il est impossible de se croiser dans une autre époque, du coup chaque voyage change toujours un peu la ligne des événements, mais en général ça reste minime.

Cependant, lorsqu’un grand changement est effectué, c’est tout le futur qui est chamboulé. Un voyageur ne s’efface jamais de l’histoire peu importe ce qu’il perturbe, mais il peut s’exiler dans une ère « de perdition »: une bulle parmi les passages qui captent les voyageurs « morts » ou qui ont perdu leur époque. J’ai beaucoup aimé comment Alexandra Bracken a su maîtriser son univers: on se demande comment ces passages sont nés ainsi que les voyageurs dans le temps, et c’est une question qu’Etta se pose. On aura peut-être droit à une réponse dans les autres tomes. J’ai aimé la relation qu’a établi l’auteure entre la passion d’Etta et le voyage dans le temps: Etta adore le violon et c’est la musique qui permet l’ouverture des passages, elle n’a rien laissé au hasard.

Les personnages: Etta et Nicholas sont les personnages principaux, et je les ai beaucoup appréciés. Ils sont matures, intelligents, bornés, courageux… Le seul point d’ombre dans l’histoire, c’est quand ils sont attirés l’un par l’autre, j’ai trouvé ça un peu rapide alors que ça aurait pu s’étaler sur les deux tomes (je dis ça parce que l’auteure ne prévoit aucun triangle amoureux, donc ça aurait pu être l’occasion de complexifier leur histoire sans pour autant la faire traîner des lustres). Nicholas est un Afro-Américain, donc en plus d’être dévalorisé par son statut de bâtard, il est aussi proie au racisme et aux préjugés qui peuvent énerver un peu (un peu parce que ça reste par rapport aux époques, et on sait très bien comment c’était avant…).

L’intrigue: le début est assez simple, Etta et Nicholas doivent rapporter l’astrolabe à Cyrus Ironwood. Ca paraît simple, mais comme Ruby Red l’a prouvé, les choses simples peuvent s’avérer efficaces et tourner en quelque chose de fort intéressant. Mais Alexandra Bracken ne s’arrête pas là: on a un gros cliffhanger à la fin, on a un sous-entendu d’une visite futuriste, les Thorns qui cherchent à recapter le pouvoir (les Thorns font partie de l’une des grandes familles). Puis nous avons des révélations: certaines m’ont étonnée, d’autres non ce qui me fait poser la question de savoir qui est le vrai méchant dans l’histoire.

Par contre, à un moment donné l’auteure utilise le français et c’est un peu maladroit, du coup ça gâche un petit peu l’esprit de l’époque visitée…

J’ai adoré le premier et deuxième tiers du livre. J’ai un peu moins aimé le dernier tiers car il y avait quelques longueurs, mais le final a rattrapé tout ça.

C’est donc sans hésitation que je vais poursuivre cette série.

 

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Jennifer

Hello! Je suis Jennifer, une blogueuse littéraire qui lit en anglais et qui adore tellement bavarder qu'elle en écrit de longues revues. Oups. Mais c'est pas grave! Viens découvrir mes chroniques et passe du côté obscur de la force! On est bien du côté obscur, non? ツ

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