Ruin and Rising de Leigh Bardugo

Ruin and Rising est le troisième tome de la trilogie Grisha Verse.

Lire la chronique du deuxième tome « Siege and Storm »

Cette revue va contenir des spoilers sur toute la série.

Alina et Mal ont une fois de plus échappé au Darkling, et Alina possède le deuxième amplificateur. Maintenant, ils doivent trouver le troisième amplificateur qui est le Firebird.

Après avoir été déçue par le deuxième tome, je m’attendais à ce que celui-ci redresse la barre, mais ça n’a malheureusement pas été le cas. Je n’ai pas détesté le livre, au contraire j’ai pris du plaisir à le lire et je l’ai fini rapidement. Mais les problèmes que j’ai avec ce tome (qui sont à peu près les mêmes à chaque fois) font que je n’ai pas pu aimer ce livre comme je l’aurais voulu.

Mon premier problème concerne évidemment le Darkling, ou plutôt Aleksander puisque maintenant nous connaissons son prénom (ça m’avait bien frustrée de ne pas connaître son identité depuis le premier livre). Je vais donc l’appeler par son prénom ! Aleksander est depuis le départ mon personnage préféré: mystérieux, puissant, très beau, intelligent…

Mais l’auteure ne l’a jamais développé comme il se doit, elle s’est contentée de le poser dans le rôle de méchant parce qu’il faut un méchant à combattre, et ça ne me plaît pas du tout. Aleksander n’a pas été approfondi, on sait son prénom, et alors? Ca ne nous apprend rien sur sa vie, ses douleurs. On sait pourquoi il agit comme il le fait, il veut pouvoir protéger les Grisha du commun des mortels parce que ceux-ci les chassent par peur, envie… Bref, les Grisha n’ont jamais été en sécurité, et ce depuis des siècles.

On comprend mieux Aleksander, mais pour autant on ne lui pardonne pas ses atrocités. Voilà ce que l’on sait du grand méchant… Ca fait un peu pitié, non? Il a vécu des siècles et n’a rien à raconter, jamais il ne se confira à Alina sauf pour lui dévoiler son prénom, et Alina ne cherchera jamais à le raisonner ou à montrer un semblant de compréhension alors qu’elle sait très bien ce qu’il a vécu et continue de vivre. Bon, c’est certain, ça n’aurait rien changer, l’auteur l’aurait toujours fait mourir, mais ça aurait pu nuancer le personnage d’Aleksander, lui redonner cette part d’humanité qu’il a eu une fois et qu’il a un peu oublié à cause du projet qu’il entretient.

Un autre problème le concernant, je n’ai pas compris comment, en tant qu’amplificateur lui-même, Aleksander n’a jamais pu être capable de sentir que Mal était le troisième amplificateur. Je sais qu’il faut toucher l’amplificateur pour le ressentir mais Aleksander en est un et il a des siècles de connaissances, par conséquent je ne trouve pas cela très crédible.

Aleksander n’aura jamais eu sa rédemption, il est inconnu et sera oublié, sauf par Alina qui connaît la vraie nature qui se cachait derrière ce semblant de cruauté: un jeune homme qui s’est toujours senti seul, sans amis, craint par son pouvoir, chasser pour sa qualité de Grisha et d’amplificateur. Autant dire que j’ai été déçue qu’il meure, moi qui pensais qu’il avait été possédé par une sorte de créature des ténèbres… A quoi ont servi les pouvoirs d’Alina d’entrer en contact avec Aleksander si ce n’est pas pour essayer de le raisonner ou au moins de comprendre ses plans. Non, elle flirte avec… Bon, j’avoue que je vis mal la mort de mon Darkling! J’adore cette citation x)

‘Do you think it would be any different with your tracker beside you? With that Lantsov pup?’
‘Yes,’ I said simply.
‘Because you would be the strong one?’
‘Because they’re better men than you.’
‘You might make me a better man.’
‘And you might make me a monster.’

Mon deuxième problème concerne l’histoire des amplificateurs. On sait qu’Alina doit posséder les trois amplificateurs pour que son pouvoir soit assez puissant pour combattre à la fois le Shadow Fold et Aleksander. Alina se retrouve donc avec deux amplificateurs, mais le troisième étant Mal, il est difficile pour elle de devoir le sacrifier malgré l’appel de ce pouvoir. Mais Mal va forcer Alina à le tuer pour que le cercle soit fermé. Mais au lieu d’avoir une concentration de pouvoir en elle, Alina est dépossédée de ses pouvoirs, et c’est tous les autres Grisha qui possèdent le pouvoir du Sun Summoner (est-ce temporaire ou non, on en sait rien…).

Je n’ai pas compris une chose: comment Mal a-t-il pu servir d’amplificateur alors que pour que celui-ci soit efficace il faut non seulement tuer mais aussi porter des ossements de celui-ci sur soi. Ce n’est pas le cas avec Mal, celui-ci est seulement tué. Bon ok, ça aurait été gore, mais c’est comme ça que l’auteure a expliqué comment ça marchait. Donc, comment est-ce possible? J’ai raté un détail? Je ne pense pas. Au final, toute la quête sur le troisième amplificateur n’a servi à rien mis à part étaler l’histoire sur trois tomes.

Mon troisième problème concerne les victimes de la guerre. On est content (sauf moi) parce que les gentils personnages principaux sont vivants à la fin du conflit. Leigh Bardugo n’a pris aucun risque, elle a fait mourir tous les personnages « inutiles » dans le seul but de faire des victimes et de ne pas toucher aux héros. Et bien cela m’a gênée, pourquoi? Parce que pendant une bataille, tous ceux que l’on souhaiterait voir encore vivants ne le sont pas, c’est statistiquement impossible (cf: Harry Potter, J.K. Rowing a pris le risque, on adorait ces personnages, mais le récit en sort d’autant plus mythique).

J’ai trouvé cela un peu trop simpliste surtout lorsque l’on considère qu’ils sont partis, pour la dernière bataille, avec une poignée de soldats et qu’Aleksander les attendait, bien préparé. Une autre chose qui m’est sortie par les yeux, c’est l’abandon de l’un de leur ami (dont je ne me souviens plus du nom) parce que le Bitteren était trop lourd et qu’il fallait l’alléger…non mais…. je veux bien croire qu’il y en a toujours pour se sacrifier mais il aurait pu se débarrasser d’autre chose. Et puis Alina n’a même pas cherché à utiliser son pouvoir pour éliminer le plus de Volcra possible (pour au moins donner une chance, quoi).

Après comme d’habitude, j’ai eu du mal avec la faiblesse d’Alina, sauf quand elle est avec Nikolai. Encore une fois, elle n’a pas trop évolué, sauf vers la fin où elle décide de disparaître (et au début, je dois l’avouer, quand elle échappe à l’Apparat). J’ai aussi aimé quand elle a pris le courage de tuer Aleksander même si j’étais un peu dégoûtée, et j’ai aimé le fait qu’elle n’oublie pas Aleksander (lorsqu’elle murmure son nom aux « funérailles ») et qu’elle pleure pour lui.

Sinon, j’ai aussi aimé des éléments dans ce tome. Par exemple, moi qui n’appréciais pas trop Mal, je l’ai trouvé beaucoup mieux: avec plus d’assurance, moins de réactions stupides (dues en partie au fait qu’il laisse Alina partir), à cause de son sacrifice. Mal est le seul personnage à avoir évolué au final.

J’adore Nikolai depuis le tome 2, et ça m’a un peu attristée de le voir se faire transformer en Volcra. Mais j’ai apprécié le rebondissement que je n’ai pas vu venir ! Mais j’ai aussi été très contente de le revoir redevenir lui-même. Je sais que Mal et Alina étaient faits pour être ensemble vu tout le blabla déballé par l’auteure, mais je l’aurais préférée avec Nikolai. Mais bon, c’est un avis personnel, une fois de plus.

Malgré ces faiblesses, le récit est resté intéressant et divertissant. Mais je trouve la série inférieure à Six of Crows que j’ai adoré. Je pense d’ailleurs que cette trilogie aurait dû se faire en seulement deux livres, avec en plus un approfondissement plus sérieux des personnages.

 

Le livre est disponible sur Amazon:

En anglais

En français


Tous les liens Amazon sont affiliés.

En commandant via les liens affiliés, La Tentation du Livre reçoit une commission de la part d’Amazon.

Jennifer

Hello ! Moi, c'est Jennifer, une blogueuse littéraire pétillante qui lit en anglais et qui adore tellement bavarder qu'elle en écrit de longues revues. Oups. Mais c'est pas grave ! Viens découvrir mes chroniques et passe du côté obscur de la force ! On est bien du côté obscur, non? ツ

Laisser un commentaire :