Shutter Island de Dennis Lehane

On est en 1954 lorsque les maréchaux Américains Teddy Daniels et Chuck Aule débarquent à Ashecliffe Hospital, une institution qui abrite les plus grands criminels mentaux des Etats-Unis, situé à Shutter Island pour enquêter sur la disparition de l’une des malades: Rachel Solando. Rien n’est fait pour faciliter cette enquête, Ashecliffe Hospital fait face à une tempête dévastatrice, le personnel et les dirigeants sont peu coopératifs et semblent cacher des informations, des actes horribles seraient commis sur les malades… Mais Teddy et Chuck sont déterminés à découvrir l’effroyable vérité.


La première fois que j’ai entendu parler de Shutter Island, c’était grâce au film avec le beau et talentueux Leonardo Dicaprio, et autant vous dire que le film m’avait bien plu. On a une ambiance à la Vol au-dessus d’un nid de coucou avec une touche polaresque, voire même d’horreur vu les pratiques soupçonnées.

Mais cette fin à laquelle je ne m’étais pas attendue, c’était l’un des meilleurs rebondissements que j’ai pu voir au cinéma! Après lecture de la version livresque, je maintiens ce sentiment et j’applaudis encore plus le résultat de l’intrigue. J’ai pu relever tous les indices qui menaient à cette conclusion, mais je pense sincèrement que je les aurais relégués au second plan si je n’avais pas eu connaissance de ce magnifique final.

Le film est fidèle au livre, donc ne vous attendez pas à trouver quelque chose de plus. Mais quelque part, je crois que j’ai préféré le film pour l’effet visuel. Leonardo Dicaprio arrive à montrer la dualité qui se joue au sein de son personnage: un homme traumatisé par le meurtre de sa femme qui a du mal à retrouver goût à la vie et qui souhaite se venger, et un homme marqué par la mort de son père disparu alors qu’il n’était encore qu’un enfant – et en même temps, on a l’enquêteur qui cherche à faire ce qui est juste. Même si on voit très bien cette dualité dans le livre, j’ai éprouvé moins de compassion, j’ai trouvé que le personnage avait moins de profondeur. Par contre, niveau psychologie, on est gâté avec les peurs, les doutes, les manipulations, les mensonges… On ne sait plus où donner de la tête!

Par rapport à l’intrigue elle-même, c’était bien construit et bien acheminé, et les révélations sont intervenues lorsqu’il le fallait. Cependant, soit l’auteur a voulu rester simple compte tenu du contexte (seconde guerre mondiale) soit il a involontairement puisé dans certains clichés: le flic qui broie du noir après le meurtre de sa femme et qui se noie dans l’alcool (mais qui retrouve un tant soit peu ses esprits grâce à une nouvelle enquête qui pourrait lui accorder la vengeance qu’il recherche tant). Du coup, ça m’a semblé très moyen, même si on comprends cette décision avec la grande révélation. Et enfin, on a l’hôpital psychiatrique qui semble maltraiter et mener des expériences sur ses patients. C’est vraiment une intrigue bateau au prime abord, mais Dennis Lehane m’a bien eue!

J’aurais peut-être attribué 4.5 voire 5 étoiles si je n’avais pas vu le film avant, la surprise aurait été grandiose. Mais je ne le saurai jamais. Mais bon, quatre étoiles c’est pas mal du tout.

Si vous n’avez pas vu le film, je vous conseille de passer d’abord par le livre!

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En revanche, toute cette mise en scène concoctée par le psychiatre et le directeur m’a paru un peu grosse. Tout ça pour un patient? Tous ces risques pris au détriment du bien-être des autres malades et du personnel ? Oui, parce qu’on a quand même un gardien qui s’est fait arracher un bout de sa joue par un malade – et tout ça pour un jeu de rôle… Mais je ne peux pas nier l’ingéniosité de tout cela, surtout que ce plan sort de l’imagination de Teddy lui-même qui a nié inconsciemment son passé réel.

Et cette fin? Alors qu’on croit que Teddy/Andrew s’en est enfin sorti, on apprend que c’est ce qu’il se passe à chaque fois – mais on se dit, cette fois c’est la bonne! Eh bah non, toute cette paranoïa se remet en place, et ça c’était une fin phénoménale. Le coup de massue. Du coup, Teddy/Andrew va se faire lobotomiser (expérience apparemment privilégiée par les scientifiques de l’époque pour extraire le mal du patient). Du coup, on se sent mal pour le personnage, après toutes ces pages où je n’ai rien éprouvé pour lui, on en apprend plus sur sa souffrance, et on sait qu’elle va continuer avec les expériences scientifiques qui vont réellement commencer.

 

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Jennifer

Hello! Je suis Jennifer, une blogueuse littéraire qui lit en anglais et qui adore tellement bavarder qu'elle en écrit de longues revues. Oups. Mais c'est pas grave! Viens découvrir mes chroniques et passe du côté obscur de la force! On est bien du côté obscur, non? ツ

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