The Darkest Part of the Forest de Holly Black

D’aussi loin que les jumeaux Ben et Hazel se souviennent, les habitants de la petite ville de Fairfold ont toujours plus ou moins coexisté pacifiquement avec les Faes. Certains d’entre eux se sont vus acquérir des talents ensorcelants, d’autres ont fait la malencontreuse erreur de passer un marché trop alléchant. Mais tous savent qu’il n’est point judicieux de s’aventurer au cœur de la forêt où les monstres, animés par une soif insatiable de meurtre et de chair humaine, se languissent d’une nouvelle proie. Malgré la menace, les citadins n’hésitent pas à laisser les touristes, venus traverser aveuglement la forêt dans l’espoir d’apercevoir le Prince Fae endormi depuis des générations dans un cercueil de verre, se prendre aux pièges des créatures les plus barbares. Mieux vaut sacrifier les étrangers plutôt que les membres de la communauté. Dans tous les cas, le Prince n’a pas fini de préoccuper les esprits, notamment celui de Ben et Hazel qui ont tout essayé afin de le libérer de la malédiction: formules magiques, baisers, provocations, conversations mélancoliques… Mais chaque tentative s’est traduite en un échec. Jusqu’au jour où le Prince se réveilla enfin.

Je crois qu’une partie de moi est restée à Fairfold à chasser les monstres le jour et à sauver les princes la nuit. Quand je lis un livre d’Holly Black, je suis simultanément absorbée par son univers et admirative de ses personnages qui ne cessent de m’inspirer! The Darkest Part of the Forest n’est pas différent. J’avais à peine tourné la dernière page que j’avais déjà envie de tout reprendre depuis le début. Je soupçonne l’auteure d’être une Fae et de m’avoir ensorcelée! Quelle prose!

Ben et Hazel ont passé toute leur enfance à chasser les monstres à travers la forêt de Fairfold, Hazel brandissant l’épée qui perça le corps des ennemis et Ben recourant à un don pour la musique qui les immobilisa. Néanmoins, s’ils ont aimé se donner l’impression d’être de véritables héros, tel leur vaillant Prince enfermé dans sa prison de verre, les jumeaux n’ont pas eu d’autres choix que celui de revenir à la réalité: ils grandissent et doivent ainsi mettre de côté leurs fantasmes d’enfants.

Toutefois, Hazel continue de chasser seule les créatures de la forêt, Ben ne pouvant plus jouer d’un instrument de musique. Car qui protégerait les humains si elle venait à disparaître? Après tout, elle a sacrifié sept ans de sa vie lors d’un pacte avec le Fair Folk, sans avoir pensé une seule fois que ce dernier exigerait sa dette, non pas vers la fin de sa vie, mais dans un futur proche. Hazel pourrait donc bientôt mourir. Ceci dit, l’urgence reste le monstre de la forêt, celui qui tue et fait disparaître les enfants car, contrairement aux histoires, il n’y a pas de Prince Fae pour venir les sauver.

Down a path worn into the woods, past a stream and a hollowed-out log full of pill bugs and termites, was a glass coffin. It rested right on the ground, and in it slept a boy with horns on his head and ears as pointed as knives.

C’est avec un récit s’ouvrant sur une ambiance de conte de fée revisité, notamment par rapport à la réutilisation du concept de Blanche Neige, que j’ai su que j’allais adorer ma lecture. Parce qu’ici, le chevalier n’est autre qu’une chevalière, l’acolyte est le frère sensible et la princesse endormie laisse place au prince maudit. Le changement est magnifique! C’est la force d’Holly Black, elle transforme nos idées reçues pour nous en mettre plein la vue. En plus, c’est DARKKK.

Oui oui. Entre les enfants qui disparaissent mystérieusement, ou dont les corps sont retrouvés mutilés, et les habitants de Fairfold qui laissent les visiteurs périr ou sombrer dans la folie, on croule sous les descriptions à la fois froides et distantes de jeunes héros qui analysent la violence avec un détachement émotionnel plutôt rare! YUP. La mort est d’une banalité sans nom, les personnages n’en sont que très peu affectés. En fait, la mort sert surtout de leçon: il ne faut pas contrarier le Fair Folk sous peine qu’ils usent de leurs pouvoirs et lâchent leurs monstres sur les habitants.

Malgré cette atmosphère lugubre, l’héroïsme dépeint est remarquable par sa simplicité. Hazel brise les codes en montrant qu’une fille peut être le héros, le grand sauveur. Elle enfile son armure de fortune et part à l’aventure avec sa vieille épée. Elle se fiche de sortir des bois avec les cheveux ébouriffés, telle une sauvage, comme si elle venait tout juste de se bagarrer avec un lion. Elle s’est donnée une mission et la mènera jusqu’au bout! J’ai admiré Hazel, elle a l’étoffe d’une combattante: même quand elle a peur, elle fonce. C’est un véritable retour aux sources!

Hazel, Hazel, blue of eye. Kissed the boys and made them cry.

Néanmoins, quand Hazel n’est pas un chevalier, c’est une humaine qui a son lot de complexités. Si elle est prête à tout pour protéger ses amis et sa famille, elle est également capable de briser des cœurs sans le moindre remord. Elle peut être forte et féroce, tout comme elle peut faire preuve de vulnérabilité au travers de ses sentiments et de ses erreurs! Hazel n’est pas parfaite, c’est pour ça que je l’apprécie tant. Elle se découvre et évolue progressivement sans perdre de son unicité. Je la trouve réaliste et attachante, j’en garde une excellente impression!

Quant à Ben, c’est un homosexuel assumé. Ça fait du bien, hein? Ce qui m’a plu, c’est le fait que son homosexualité ne serve pas d’excuse à l’intrigue. C’est un trait de sa personnalité et c’est tout! Il est à l’aise avec son identité et n’est pas critiqué par Fairfold pour sa « différence ». Au contraire, toutes les frontières s’effacent dans cette ville, ce qui paraît anormal dans notre monde, trouve ici son équilibre. Mon seul problème, étant donné que la narration se fait majoritairement du point de vue d’Hazel, c’est que j’ai le sentiment de ne pas réellement le connaître.

Concernant l’intrigue, elle est surprenante! Les rebondissements sont divins et imprévisibles. C’est merveilleux! Puis les thèmes abordés sont vraiment intéressants. La relation entre Ben et Hazel, par exemple, est bien plus compliquée qu’elle ne paraît: elle est ponctuée de secrets, de regrets, de jalousies, de honte et d’affection. Holly Black explore les désirs et les peurs de chacun pour mettre en avant ce qu’il y a de plus dangereux et de plus honnête en nous! Les héros gravitent ainsi autour d’une question majeure: sont-ils réellement ce qu’ils laissent transparaître?

Once, there was a girl who vowed she would save everyone in the world, but forgot herself.

A ce stade, vous devez vous demander pourquoi je n’ai pas encore parlé du Prince Fae… Et bien… C’est parce que celui-ci n’est pas si impactant que ça. Au début, j’étais frustrée de ne pas le voir apparaître plus tôt, mais j’ai fini par comprendre le choix de l’auteure: il ne s’agit pas de son histoire, mais de celle d’Hazel. Et Hazel est la seule maîtresse de son destin. On va dire que le prince est là simplement pour le côté magique, romantique, historique et extraordinaire de Fairfold! Ouais, c’est pas souvent qu’on voit un prince rester sur le banc de touche!

Bon, on a quand même notre dose de romance. On en a deux, plus exactement! Mais elles sont à peine explorées et n’empiètent en rien sur l’histoire. D’ailleurs, si la romance impliquant Hazel était convaincante, celle concernant Ben aurait mérité davantage de développement. C’est mignon, il est sensible et fleur bleue, mais c’est trop insta-love-y pour moi. Après, ça reste choupi et léger, donc ça n’a pas gâché ma lecture, loin de là!

Finalement, j’ai quasiment rien de négatif à dire. Youhou. La plus grosse faiblesse du roman, c’est le combat final qui manquait de challenge et de profondeur. Holly Black est allée trop vite et n’a pas su propulser la scène parmi les plus épiques! Surtout que le livre est court, j’avais besoin de cette attention aux détails… C’est dommage, même si on conserve la breveté du conte.

En tout cas, si vous aimez la magie, les Faes et les récits sombres, c’est une lecture à ne pas rater! Je vous la conseille pour l’été, là où la nature est plus lumineuse, ça permet de mieux s’imprégner des décors, hihi. On a aussi un lien sympa entre ce roman et The Cruel Prince x)

Ma notation de quatre étoiles et demi

 

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Jennifer

Hello ! Moi, c'est Jennifer, une blogueuse littéraire pétillante qui lit en anglais et qui adore tellement bavarder qu'elle en écrit de longues revues. Oups. Mais c'est pas grave ! Viens découvrir mes chroniques et passe du côté obscur de la force ! On est bien du côté obscur, non? ツ

2 pensées sur “The Darkest Part of the Forest de Holly Black

  • Oh bah celui-ci a l’air mieux que The cruel prince (enfin je pense que je l’aimerais mieux) C’est un one shot ?
    Kin

    Répondre
    • Oui, t’es tranquille, y a aucune suite 😛
      Je pense que ça pourrait te plaire vu que t’as aimé The Hazel Wood, hihi

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