The Fifth Season de N.K. Jemisin

The Fifth Season est le premier tome de la trilogie The Broken Earth.

Ça commence par la destruction et ça finit par la mort. Elle peut se produire à tout moment et toucher n’importe qui. Quand on lève les yeux, ce n’est plus le soleil et ses rayons que l’on observe, mais l’obscurité et la cendre. Elle est en partie la cause de la mort d’un fils et de la disparition d’une fille. Elle est la raison pour laquelle les êtres surnaturels sont encore en vie. Elle est la responsable d’une future rébellion. Elle, c’est la Cinquième Saison, et plus particulièrement, la fin du monde. Et c’est au milieu de ce paysage apocalyptique que se dessine le destin de trois femmes décidées à prendre leur revanche sur la vie.

Fantastique, science-fiction, dystopie? Bah alors Jennifer, t’as fumé la moquette? Eh non! Je suis juste tombée sur ce joyau que représente The Fifth Season. L’univers est riche et fascinant, les personnages forts et diversifiés et la narration unique et bien pensée. Je ressors impressionnée par ce début de trilogie, N.K. Jemisin va à l’encontre des normes et nous divulgue une version plus sauvage et tribale de la fin du monde! Quand on a des héroïnes qui font manger la poussière aux pots-pourris qui se croient supérieurs aux autres, c’est jouissif!

A travers les siècles, le continent du Stillness a été confronté à plusieurs reprises aux Saisons – des phénomènes apocalyptiques – caractérisées chacune par un élément précis de la fin des temps (pluies acides, éruptions volcaniques, obscurité totale…). Malgré les pertes humaines récurrentes, les civilisations s’en sont toujours remises grâce aux Orogènes dont le pouvoir est de contrôler la Terre et de façonner l’environnement. Leur nature leur permet de pressentir les anomalies climatiques et d’ainsi maîtriser à temps et au mieux les éventuels tremblements de terre ou tsunamis.

Cependant, malgré leur aide précieuse, les Orogènes sont soumis au Fulcrum (Ordre des Orogènes) qui est lui-même sujet à une autorité supérieure. Découlant d’une prédisposition génétique, l’orogénie peut toucher n’importe quel enfant et faire soit de celui-ci un atout pour l’empereur soit une source d’instabilité qui doit être éradiquée. Dans tous les cas, les Orogènes sont craints par les Hommes puisqu’ils peuvent faire disparaître l’humanité par la seule force de leur volonté ou par manque de contrôle, c’est pourquoi ils sont entraînés et confiés à des Gardiens prédisposés à se débarrasser des Orogènes représentants une menace.

Beware ground on loose rock. Beware hale strangers. Beware sudden silence.

Mais les disparités ne s’arrêtent pas là. Si ces Gardiens détenteurs de pouvoirs mystérieux s’avèrent être le plus grand danger pour les Orogènes, il faut néanmoins savoir que tous les Orogènes ne se valent pas. Il y a les Orogènes purs qui ont vécu et grandi au sein du Fulcrum, mais il y a aussi les rogga (les étrangers) qui sont issus de familles humaines. Rogga est donc une insulte utilisée par les Orogènes purs mais aussi par les humains qui, eux, méprisent complètement leur nature. Il y a même des différences entre Gardiens… Vous le sentez le gros world-building?!

Le récit s’ouvre sur la tragédie qui s’abat sur Essun, une Orogène cachée parmi les humains. Alors qu’elle rentre chez elle, celle-ci découvre que son fils est mort sous les coups de son mari et que ce dernier est parti précipitamment avec sa fille. La raison de cet acte barbare? Le mari s’est aperçu que le jeune garçon était un Orogène. Et vous savez quoi? Il se trouve que sa fille en est une aussi, mais il ne le sait pas encore. Essun part ainsi à la recherche de sa fille, et elle est très très en colère. Bref, le mari va s’en prendre plein la tronche quand Essun va lui tomber dessus, et je m’en délecte déjà!

Nous avons ensuite Damaya, une Orogène dont les pouvoirs viennent tout juste de se manifester. En croyant se débarrasser d’elle en faisant appel à un Gardien, sa mère déchet de la nature a en réalité permis à la jeune fille d’intégrer le Fulcrum où elle s’entraînera durement pour mériter les bagues qui gagneront le respect de ses acolytes. Plus un Orogène a de bagues, plus il a de pouvoir et d’autonomie.

Et enfin, on fait la connaissance de Syenite, une autre Orogène qui doit faire ses preuves sur le terrain. Comme toutes les Orogènes qui ont démontré contrôle et pouvoir, Syenite doit s’accoupler avec un puissant confrère pour perpétuer la lignée. Un vrai plaisir, dis-donc! Le côté positif dans tout ça, c’est qu’au fur et à mesure de ses aventures, la protagoniste fait d’effroyables découvertes sur le système en place.

Fear of a bully, fear of a volcano; the power within you does not distinguish. It does not recognize degree.

L’auteure m’a captivée dès le départ avec son prologue qui nous plonge au beau milieu de la Cinquième Saison. On entre rapidement dans un univers impitoyable où débute la quête pour la survie, une tâche qui s’avère encore plus difficile pour les Orogènes. L’univers est ambitieux et complexe, et pourtant, on sent que N.K. Jemisin en maîtrise parfaitement l’architecture. Elle nous décrit un monde en ruines sombre et sauvage que l’on peut aisément visualiser tout en nous laissant entrevoir des aperçus du passé qui expliquent les comportements d’aujourd’hui!

Et les personnages, je les ai tellement adorés! Peu importe leur âge, les héroïnes sont fortes et déterminées. J’ai admiré Essun pour son courage, son intelligence et sa force, je me suis juste attachée à elle. C’est sans aucun doute mon personnage préféré! Damaya est passée d’une fille fragile à une fille réfléchie, compatissante et impitoyable quand cela est nécessaire. Quant à Syenite, j’étais bouche-bée en voyant tout ce qu’elle était prête à faire pour s’affirmer et survivre.

Au-delà des différentes personnalités que l’auteure a su mettre en avant, c’est la diversité narrative qui m’a conquise. On alterne entre la deuxième personne (pour Essun) et troisième personne (pour Damaya et Syenite) du singulier, et chacune des voix a su véhiculer un sentiment particulier. Quand je lisais les chapitres d’Essun, je sentais que ses pensées l’appartenaient et je ressentais son esprit brisé. Mais quand je repassais au point de vue de Damaya et Syenite, il y avait une certaine distance, comme s’il y avait un effacement de soi au profit du Fulcrum…

En se centrant sur le développement des personnages, The Fifth Season met l’accent sur les émotions, le vivant et toute la philosophie autour de l’humanité et de la considération de l’autre. La relation de méfiance et de mépris qui lie les humains avec les Orogènes n’illustre que trop bien la peur de l’inconnu et le rejet de la différence. Les humains se laissent dominer par la peur et les préjugés et n’hésitent pas ainsi à dénigrer les Orogènes! Franchement, si vous lisez ce livre, vous allez avoir envie de faire des distributions de claques… Les humains sont abominables.

Malgré toutes ces bonnes choses, je pensais n’attribuer que trois étoiles parce qu’il manquait une chose primordiale à mes yeux: de l’action et des catastrophes climatiques. Enfin… Il y en a eu mais pas à l’ampleur attendue. Finalement, c’est la fin qui a tout rattrapé puisque l’auteure a su me surprendre tout en donnant une cohérence à l’histoire! Je n’ai rien vu venir et je pars confiante pour la suite!

 

Le livre est disponible sur Amazon:

The Fifth Season

La cinquième saison


Tous les liens Amazon sont affiliés.

En commandant via les liens affiliés, La Tentation du Livre reçoit une commission de la part d’Amazon.

Jennifer

Hello! Je suis Jennifer, une blogueuse littéraire qui lit en anglais et qui adore tellement bavarder qu'elle en écrit de longues revues. Oups. Mais c'est pas grave! Viens découvrir mes chroniques et passe du côté obscur de la force! On est bien du côté obscur, non? ツ

10 pensées sur “The Fifth Season de N.K. Jemisin

  • J’étais déjà convaincue de lire ce livre, ta chronique enfonce le clou ! Héroïnes fortes ? Mélange SF/Fantasy ? J’ai hâte !!

    Répondre
    • Super! Moi aussi j’ai hâte…mais pour la suite 😛

  • Le résumé est super intriguant mais en lisant ta critique je me dis aussi que l’univers a l’air très très complexe… Du coup, en anglais, je suis pas sûre de tout comprendre… Après, je vais me le noter quand même et peut-être attendre ton avis sur la suite pour me décider 😉

    Répondre
    • Alors, tu n’as rien à craindre de ce côté-là puisque le livre a été récemment traduit en français! Du coup, je pense qu’il y aura beaucoup moins de soucis d’assimilation 🙂

      Je ne pense pas attendre longtemps avant de lire la suite, donc tu verras ça bientôt je crois 😀

    • De rien 😀

  • L’histoire a l’air sympa même si je pense ne pas avoir saisi toutes les différences de statut entre les personnages. Il faudra donc que je le lise pour mieux comprendre 🙂 (j’ai pas encore bu mon thé matinal, cela doit aussi y jouer 🙂 )
    En tout cas, tu as tjrs des lectures inédites et attractives.

    Répondre
    • En même temps, avec tout ce qu’il y a concernant les personnages et l’univers, je comprends que tu aies du mal à tout saisir! Surtout quand on n’a pas lu le livre, tout est nouveau et flou!

      Merci pour ce compliment! J’aime bien lire des histoires uniques et diverses, j’en ai encore pas mal dans ma poche à vous faire découvrir 😛

  • Ce livre a l’air franchement passionnant ! Enfin, d’un côté j’ai un peu l’impression qu’il y a beaucoup, BEAUCOUP de choses qui se passent en même temps, mais ça a l’air absolument génial. L’apocalypse, les catastrophes, les sortes d’élus et surtout des personnages principaux féminins, c’est tout un programme qui donne bien envie 😀

    Répondre
    • L’univers apocalyptique et la présence de personnages féminins forts, c’est ce qui m’a convaincue de lire cette série! Tu sais que quand les héroïnes déchirent tout, ça me plaît! Puis, franchement, le world-building est ingénieux et intriguant, je ne demande qu’à en savoir davantage 😀

      En fait, il se passe beaucoup de choses mais de manière insidieuse, il faut faire attention au moindre détail pour capter tous les enjeux. Les choses ne commencent que vers la fin, je ne te dirai pas pourquoi, mais crois-moi ça ne rend pas le livre moins passionnant. Dès que tu comprends tout ce qui se passe, t’es juste abasourdie. La fin donne VRAIMENT une cohérence à l’histoire 🙂

Laisser un commentaire :