The Hazel Wood de Melissa Albert

The Hazel Wood est le premier tome d’une duologie.

Depuis toujours, Ella et sa fille Alice sont poursuivies par la malchance, et tout semble pointer du doigt le mystère entourant Althea Proserpine, l’auteure du célèbre recueil de contes obscurs Tales from the Hinterland, qui vit dans la demeure recluse d’Hazel Wood. Sans savoir pourquoi, Alice doit respecter les règles strictes établies par sa mère: interdiction d’approcher son auteure de grand-mère, interdiction de lire ou de mentionner les contes et, surtout, interdiction de loger au même endroit trop longtemps afin de ne pas provoquer de malheurs. Cela dit, Alice ne peut s’empêcher d’en savoir plus sur la grand-mère dont l’absence lui pèse tant, c’est pourquoi elle profite d’internet pour glaner des informations sur elle lorsque sa mère a le dos tourné. Un triste matin, Ella apprend le décès d’Althea et, pensant que cela mettrait fin une bonne fois pour toute à la malédiction, elle décide de s’installer définitivement avec sa fille dans leur nouveau foyer. Mais c’était sans compter sur la malchance. Un jour, Ella disparaît sans laisser de traces, à l’exception d’une directive bien étrange destinée à Alice: ne s’approcher sous aucun prétexte d’Hazel Wood.

Il vous est déjà arrivé d’entamer un livre, d’être certain de la direction qu’allait emprunter l’histoire, pour, au final, tomber des nues parce que le roman en question ne s’est pas déroulé le moins du monde comme prévu? Je n’ai strictement rien compris au film! Avec The Hazel Wood, je ne savais pas où j’allais, ni comment, ni pourquoi, c’était très étrange comme sensation… Pas désagréable mais assez ambiguë pour faire jaillir ma légendaire frustration!

Alice a une très mauvaise mémoire, cela dit, elle ne se souvient que trop bien de la fois où elle s’est faite kidnapper par ce jeune rouquin qui prétextait vouloir l’aider à retrouver sa grand-mère, Althea Proserpine, alors qu’elle n’avait que six ans. Fort heureusement, aucun mal ne lui a été infligée, le kidnappeur avait même, à la surprise générale, pris grand soin d’elle. Mais tout comme cette image, le sentiment de suspicion qui l’anima le jour où sa mère Ella dut identifier le coupable a laissé ses traces: pourquoi Ella a-t-elle menti aux autorités alors qu’elle connaissait clairement le criminel?

Dans tous les cas, la malchance n’avait pas fini de frapper ce jour-là, puisque dix ans plus tard, le même individu se repointe sur le lieu de travail d’Alice pour laisser derrière lui de curieux objets à la signification mystique. Mystique comme son secret de jouvence: malgré la décennie écoulée, le kidnappeur n’a subi aucune marque du temps. En revanche, sa réapparition a déclenché bien des malheurs. Tout d’abord, la mort d’Althea Proserpine. Ensuite, la disparition d’Ella. Persuadée que tout est lié au mystère entourant le recueil disparu Tales from the Hinterland, Alice décide de demander de l’aide à Ellery Finch, son camarade d’école qui connaît tout de l’Hinterland.

Look until the leaves turn red, sew the worlds up with thread. If your journey’s left undone, fear the rising of the sun.

S’il y a bien deux qualités à attribuer à Melissa Albert, c’est très certainement son talent à nous confectionner des contes sombres et sa manière lyrique de nous les raconter. Il suffit de lire les premières pages pour comprendre que nous sommes les spectateurs de ce conte machiavélique dans lequel l’héroïne, Alice, est malencontreusement jetée! Et bien qu’on retrouve cette part d’Alice au Pays des Merveilles, on s’aperçoit toutefois que l’Hinterland est tout le contraire d’un lieu d’enchantement: il s’agit plutôt d’un monde sans foi ni loi où les créatures tendent des pièges pour capturer leurs proies et où les innocents sont les prisonniers du temps.

Le plus étonnant, c’est la mise en abîme constante de la notion d’histoire. On débute avec The Hazel Wood de notre auteure, puis on bascule vers Tales from the Hinterland d’Althea Proserpine et, enfin, on finit par se recentrer sur les révélations impactant Alice. Le découpage était vraiment cool! En plus, j’ai aimé les caractéristiques implantées par l’auteure: les noms originaux de ses méchants tels que Twice-Killed Katherine et Alice-Three-Times, les extraits de contes inventés par Althea figurant au début de certains chapitres ou encore la juxtaposition du monde réel avec celui de l’imaginaire… Melissa Albert a un vrai savoir-faire avec les contes!

D’ailleurs, je pense que le caractère instable d’Alice se marie bien avec l’ambiance lugubre de l’Hinterland. Elle est plutôt égoïste, colérique et impatiente, ce qui peut se comprendre puisqu’elle n’a jamais eu de repères fixes, mais cela rend le personnage plus appréciable à mon sens. Non, non, je n’ai pas un grain au cerveau! C’est juste que c’est rare d’avoir une protagoniste aussi détachée de presque tout, donc c’est fascinant d’une certaine manière? En tout cas, j’aime cette héroïne sans prétention et sans artifices. Il y a zéro bullshit avec Alice.

Every time we left a place, I felt the things that happened there being wiped clean, till all that was left was Ella, our fights and our talks and our winding roads. I wrote down dates and places in the corners of my books, and lost them along the way.

En revanche, Ellery Finch vient contrebalancer un peu la personnalité de sa camarade en apportant cette passion et cette curiosité malsaine pour les contes. Parce qu’il faut le dire, notre petit coco a sa part de noirceur lui aussi! Il est tellement obsédé par les histoires d’Althea que son avidité pour obtenir des informations sur l’auteure et l’Hinterland outrepasse le bien-être des personnes l’entourant. Mais bon, pour la seule fois où on a un personnage masculin qui ne s’éprend pas d’amour pour l’héroïne principale, on ne va pas se plaindre! Il n’y a aucune romance. Ça fait du bien. Par contre, niveau profondeur, peut mieux faire. Coco est aussi fade qu’un joint de culasse!

A part ça, le récit met énormément de temps à se mettre en place. Ô doux euphémisme! Il faut arriver aux trois quarts du livre pour commencer à entrevoir l’Hinterland et ses monstres… C’est décevant car le début était vraiment très bon. Malheureusement, il y a beaucoup trop de flashbacks entre Alice et Ella qui ne sont pas toujours pertinents et qui nous envahissent au détriment de l’exploitation des personnages, de l’intrigue et de l’univers. La dernière partie étant excellente, cela renforce davantage ma déception, ça aurait pu être si bien!

Du côté des méchants, ce n’est pas bien beau non plus. Non seulement on en rencontre très peu, mais en plus, ils disparaissent aussi vite que l’éclair! On les voit une ou deux fois, et basta… Aucune démonstration de leurs pouvoirs ou de leur cruauté… Rien. Nada. Que dalle. On dirait plus des bras cassés qu’autre chose. C’est d’autant plus frustrant que Tales from the Hinterland nous promettait de terribles adversaires. Bah non, s’ils pouvaient juste guider les héros vers le lieu tant recherché pour après les laisser en paix avec leur mission, ça serait encore mieux! Pssst

Then I got my hands on Althea’s book. And it was perfect. There are no lessons in it. There’s just this harsh, horrible world touched with beautiful magic, where shitty things happen. And they don’t happen for a reason, or in threes, or in a way that looks like justice. They’re set in a place that has no rules and doesn’t want any. And the author’s voice – your grandmother’s voice – is perfectly pitiless. She’s like a war reporter who doesn’t give a fuck.

Par ailleurs, ça me fait penser que j’ai été déçue par le manque d’importance accordé au recueil. Les protagonistes passent une grosse partie de l’histoire à rechercher un exemplaire du bouquin et, au final, il ne sert à rien? On a douze contes de l’Hinterland à l’intérieur, et on en explore que deux ou trois? Quel gâchis! Vous imaginez toutes ces aventures qu’il y aurait eu? Tous ces monstres que les héros auraient pu affronter? Heureusement, l’intrigue était intéressante, mis à part deux éléments que j’avais vite deviné, j’ai été surprise par la tournure des événements.

En particulier par rapport à la fin et aux révélations concernant le passé d’Alice. C’était à la fois simple, magique et impitoyable. Je n’avais plus confiance en l’auteure: l’histoire d’Alice allait-elle finir positivement? Ou allait-elle finir de la plus tragique des façons? Quel que soit le résultat, j’ai été contente de cette fin ouverte. Malgré les réponses obtenues, Melissa Albert continue de soulever des questions! Mais n’est-ce pas là l’intérêt du conte? Je suis curieuse de découvrir la suite, maintenant que les bases sont posées, ça risque d’être fortement captivant.

En bref, The Hazel Wood ne correspond pas totalement à ce à quoi je m’attendais mais ce fut une lecture plaisante. Melissa Albert est capable d’accomplir de grandes choses!

 

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Jennifer

Hello ! Moi, c'est Jennifer, une blogueuse littéraire pétillante qui lit en anglais et qui adore tellement bavarder qu'elle en écrit de longues revues. Oups. Mais c'est pas grave ! Viens découvrir mes chroniques et passe du côté obscur de la force ! On est bien du côté obscur, non? ツ

19 pensées sur “The Hazel Wood de Melissa Albert

  • J’ai beaucoup vu passer sur les réseaux sociaux ce livre. Je t’avoue que l’univers et l’intrigue ne m’emballe pas des masses 🙂

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    • Ah bon? J’aurais cru que le côté sombre t’aurait plu, toi qui est amatrice de frissons!

  • Haha non l’inspecteur est une grande trouillarde 😀 Juste le temps de s’y habituer et après ça passe ^^

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    • Mouais, j’y crois pas ! 😀

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