The Invasion of the Tearling de Erika Johansen

The Invasion of the Tearling est le deuxième tome de la trilogie The Queen of the Tearling.

Cliquez sur ce lien pour lire la revue du premier tome « The Queen of the Tearling »

Cette revue contient des spoilers sur le tome précédent.

Malgré les encombres, Kelsea a réussi à parvenir au sommet du pouvoir mais doit à présent faire face à ses responsabilités. En abrogeant le trafic humain commandité par Mortmesne pour faire du Tearling un royaume plus juste, la jeune reine s’est attiré les foudres de sa rivale. Cette dernière s’apprête à envahir le Tearling avec son armée pour récupérer ce qui lui appartient, et rien ne semble pouvoir stopper la destruction destinée à frapper le territoire. Mais il reste encore un espoir. Grâce à ses joyaux, Kelsea a des visions du passé, notamment du Crossing, et les secrets qu’elle y découvre pourraient bien sauver le Tearling du terrible sort qui l’attend.

Avec The Invasion of the Tearling, Erika Johansen m’a de nouvelle fois tenue en haleine en me livrant une suite à la fois mature, intrigante et bien travaillée. Si ce deuxième opus s’avère assez différent dans son approche, l’auteure montre toutefois son habilité à renouveler son style sans pour autant perdre ce qui a fait l’élégance du premier tome! Vous voulez en savoir plus sur le Crossing? La reine de Mortmesne? Eh bien, sachez que vous allez avoir les réponses que vous attendiez!

La première chose que j’ai noté, c’est à quel point ce livre est plus sombreque son prédécesseur. Kelsea est une reine juste qui veut rendre la vie meilleure au sein du Tearling, mais si elle veut réparer les erreurs commises par le passé, elle doit faire face à ses responsabilités. Mis à part les plus pauvres ainsi que quelques idéalistes, personne n’est vraiment enclin au changement! Les nobles, les chefs d’églises et les criminels ne profitent pas de ce nouveau système qui les prive d’accumuler toujours plus de richesses. De ce fait, Kelsea doit surmonter les obstacles qui lui sont plantés par des opposants qui n’hésitent pas à lui mener la vie dure! Je pense notamment au Holy Father que j’avais impulsivement envie de claquer, non mais sérieusement, vous avez vu ce sale type? Une vraie tête à claque!

Mais surtout, la jeune reine doit assumer le fait de confronter son peuple à une nouvelle guerre contre Mortmesne. L’héroïne se pose des questions quant à savoir si elle a fait le bon choix en interdisant la livraison d’esclaves vers le royaume ennemi, après tout la guerre pourrait faire encore plus de morts que le pacte lui-même. La protagoniste se retrouve dans la même position que sa mère auparavant: choisir l’option la moins coûteuse pour le royaume, et bien sûr il n’y a aucune solution idéale. C’est par ailleurs un trait que j’ai aimé voir chez la protagoniste, elle se remet en question ce qui lui permet d’avancer dans sa position de chef de territoire et des armées, mais aussi de gagner en expérience et en maturité.

When it fails, they do call it madness, Lazarus. But when it succeeds, they call it genius.

L’auteure fait subir des changements drastiques à son personnage, certains que l’on voit venir et d’autres qui nous apparaissent totalement par surprise. Mais s’il y a bien une émotion dominante dans ce tome, c’est celui de la colère. A juste titre, Kelsea ressent la situation dans laquelle elle se trouve, les secrets qu’on refuse de partager avec elle et le fait qu’elle ne soit pas préparée à faire face aux complexités qui se présentent à elle… L’héroïne est terrassée par des émotions qui se manifestent par des excès de colère, des envies de cruautés ou encore des scarifications. Je ne suis pas du tout étonnée de voir l’auteure oser construire une protagoniste aussi réelle dans ses émotions et aussi briseuse de tabou. Vraiment, j’ai beaucoup aimé la manière avec laquelle Erika Johansen démystifie les codes du young adult, elle ne cherche pas à rendre les personnages aimables mais à les rendre réalistes et complexes. Et personnellement, sa manière de faire les choses ne me fait qu’aimer les personnages davantage!

Mais l’auteure ne s’arrête pas là, elle prend également un gros risque dans la construction de sa narration! Dans le premier tome, Kelsea avait des visions brèves du futur qui la confortaient dans son processus décisionnel. Du coup, on va dire que les choses se déroulaient un peu trop facilement à cet égard! Mais ici, notre protagoniste a des visions du passé, notamment du Crossing, à travers la personne de Lily. Les pouvoirs de Kelsea se transforment pour prendre la forme d’une magie plus sombre et destructrice. Il est clair qu’Erika Johansen s’est bien moquée de nous en nous faisant croire à de la magie toute mignonne et bienfaitrice! La vilaine!

Alors, ne vous attendez pas à ce que la collision entre l’ancien et le nouveau monde soit ennuyeuse, parce que ce n’est pas du tout le cas! Déjà, est-ce que vous vous attendiez à voir cette rétrospective du Tearling? Parce que moi non! Les flashbacks de Kelsea nous laissent entrevoir une société passée qui est ressemblante à la nôtre, à ceci près que la liberté individuelle n’existe plus, que toute personne est surveillée grâce à une puce – mais surtout, que les femmes n’ont plus aucun droit ni aucune valeur. Le rôle des femmes est d’obéir à leur mari et faire des enfants, ce qui est le cas de Lily, une femme battue. D’ailleurs, c’est assez troublant parce que les sauts entre le nouveau monde et l’ancien nous donnent l’impression de lire deux histoires en simultanée, c’est dépaysant.

Pain only disables the weak.

J’étais curieuse de voir comment l’auteure allait faire converger les deux mondes, et surtout je me demandais bien en quoi cela allait aider notre héroïne dans sa guerre contre Mortmesne! Une chose est sûre, j’ai adoré en apprendre plus sur cette période du Crossing ainsi que les personnages historiques qui ont marqué cette ère, j’ai appris beaucoup de choses (et même à aimer ces protagonistes) – mais cela a aussi soulevé encore plus de questions! Dans tous les cas, l’auteure a su éveiller et maintenir mon intérêt durant toute ma lecture, je n’avais qu’une envie et c’était celle de découvrir comment tout cela allait former un ensemble cohérent. Et sans surprise, ce fut le cas!

Comme je le disais plus haut, l’auteure brise les tabous, et ce avec une telle normalité! Ici, il est notamment question de scarifications, de violences conjugales, de viol ou encore de l’Eglise et de sa chasse aux homosexuels… Vous voyez le tableau? Mais pour autant, l’auteure n’a pas vocation à provoquer, elle énonce juste des faits qui méritent d’être reconnus, et elle ne passe pas par quatre chemins pour en discuter! Et je ne vous parle même pas de l’efficacité des scènes décrites, surtout celles qui concernent Lily. Malgré que cette dernière soit trop gentille et plutôt passive, il est impossible de ne pas compatir à sa situation. En mélangeant les difficultés personnelles avec l’intrigue principale, l’auteure donne une force supplémentaire aux luttes caractérisées dans son récit. Rien que pour tout ça, j’ai envie d’applaudir l’auteure!

Alors qu’on la connaît immortelle, sadique et impitoyable, la Red Queen fait l’objet d’une nuance intéressante bien que, je dois l’avouer, assez banale. On comprend pourquoi elle est devenue la femme hostile qu’elle est aujourd’hui, mais pour autant je n’ai pas ressenti de compassion pour elle, je ne l’apprécie toujours pas… Ce qui m’a le plus intéressée, c’était son sentiment d’insécurité et combien elle et Kelsea ont en commun, bien que leur destin soit incomparable. Cela me pousse à m’interroger sur le futur de Kelsea.

Pour ce qui est des personnages secondaires, j’avais affirmé dans la revue du premier tome combien je les aimais bien, et c’est toujours le cas. On découvre une partie du passé horrible que le Mace cherche à oublier, il était tellement cantonné à son rôle de garde que je ne m’étais jamais réellement posée de questions à son égard! Pen, lui, est toujours aussi adorable! Et bien évidemment, le reste de la garde royale est toujours aussi dévouée et amicale, je les aime bien!

En fait, les seules raisons pour lesquelles je n’ai pas donné la note maximale, c’est à cause de quelques réactions de Kelsea avec lesquelles je n’ai pas été d’accord, et surtout la quasi absence du Fetch!

J’adore Kelsea, c’est l’une des meilleures héroïnes que j’ai pu suivre! Puis franchement, son franc-parler est un vrai régal! Mais dans la deuxième partie du roman, je n’étais pas vraiment à l’aise avec certaines de ses décisions qui ne collaient pas du tout avec la Kelsea du premier tome! Mais bon, on sait qu’elle est affectée par la conjoncture actuelle donc on lui pardonne, surtout quand on voit la décision qu’elle prend à la fin!

Quant au Fetch, je crois qu’Erika Johansen n’a pas eu pitié de moi! On ne le voit que deux fois, et ce de manière furtive! J’étais frustrée au plus haut point, en plus on apprend un truc vers la fin…j’étais là, stupéfaite: whaaat? J’ai besoin de réponses!

D’ailleurs, ça me fait penser à un autre personnage intriguant: le dark thing. Oui je sais, surnom complètement pourri, mais on ne connaît pas son identité! Là encore, j’ai dix mille questions, et j’ai hâte de découvrir sa connexion avec le reste de l’histoire!

Là j’ai plein de théories tirées par les cheveux, on verra bien si elle s’avèrent justes 😀

 

Le livre est disponible sur Amazon:

The Invasion of the Tearling

L’invasion du Tearling

 

Jennifer

Hello!
Ici Jennifer, blogueuse littéraire qui lit en anglais et qui adore tellement bavarder qu’elle en écrit de longues revues. Oups. Mais c’est pas grave! Viens découvrir mes chroniques et passe du côté obscur de la force! On est bien du côté obscur, non?

10 pensées sur “The Invasion of the Tearling de Erika Johansen

  • Ah oui, c’est vrai, j’y pensais même plus! A mon avis, ça va être un truc bien dark, mouhahaha! Je sais pas non plus s’il est gentil ou méchant, mais c’est ce qui le rend encore plus mystérieux, n’est-ce pas? J’ai quand même l’impression que Kelsea n’aura jamais le Fetch, mais je me trompe peut-être… Mais connaissant Erika Johansen, elle va nous pondre des complications xD

    Vois ça comme un investissement – des fois que tu ais envie de le relire (je suis actuellement en train de me faire martyriser par mon petit chat qui me mort mains et câble d’alimentation). M’enfin, 22 euros, même si c’est pour des adultes, c’est quand même cher (les livres de Rick Riordan dans ce format sont à 18 euros).

    Répondre
  • Je l’avoue… le Fetch m’intrigue grandement. Je me demande quel genre de service – cadeau – remerciement (rayer la mention inutile) il va lui demander en échange. J’ai du mal à voir s’il est du côté gentil ou du côté méchant mais j’ai tellement envie qu’il soit finalement de son côté. Et peut-être plus affinités. OK bon c’est trop d’imagination pour l’instant.

    Ok maintenant que je suis prévenue je ferai une fiche lecture pour le second tome. Il vaut mieux que l’intrigue soit imprévisible que trop prévisible, après un premier tome comme ça, ça m’aurait déçue ! 🙂

    J’ai acheté le premier tome alors j’achèterai le second. 22€ c’est le prix normal d’un roman adulte grand format en France. C’est cher pour ce que je vais en faire – genre le lire en 3 jours – mais c’est comme ça. J’attendrais mon salaire du mois d’Août 😉

    Répondre
  • Mais quelle honte! Non, je plaisante! Je comprends parfaitement 😀

    C’est vrai que le plus difficile est de rentrer dans l’histoire vu que tout se passe assez lentement, mais une fois qu’on est plongé dans les magouilles et qu’on apprend à connaître les personnages, on a envie d’en savoir plus! Surtout sur le Fetch, hehe (ne me dis pas que tu n’es pas intriguée, je ne te croirais pas)!

    Alors, niveau interrogation, il faut prévoir un gros tube d’aspirine pour le deuxième tome parce qu’on apprend certains trucs qui soulèvent encore plus de questions… Je n’arrive pas à voir le lien pour le moment, l’intrigue est imprévisible! J’ai d’ailleurs commandé le troisième tome que je compte lire prochainement – j’ai hâte mais j’ai un petit peu peur aussi… x)

    J’ai vu que le livre coûtait 22 euros en France! Tu peux peut-être l’emprunter? C’est quand même cher ^^’

    Répondre
  • J’ai lu en diagonale cette chronique parce que je suis encore dans le premier tome – il sera fini cette semaine…
    J’ai mis du temps à me plonger dans l’intrigue du premier tome – jusqu’à ce qu’elle arrive à New London en fait – et c’est là que ma lecture s’est accélérée. J’ai même pas fini que je m’interroge déjà sur ce que sera la suite. Je sais je me fais du mal. Ce que j’ai lu ici me donne vraiment envie de m’acheter le 2nd tome (qui est paru en VF y’a pas si longtemps). Suspens… mon compte en banque sera-t-il assez fourni ? 🙂

    Répondre

Laisser un commentaire