The Language of Thorns: Midnight Tales and Dangerous Magic de Leigh Bardugo

The Language of Thorns est un recueil de six nouvelles se déroulant dans l’univers Grisha.

Mais soyez tout de suite rassurés! Ces histoires sont indépendantes de la trilogie originale, donc vous pouvez les lire quand bon vous semble! Si toutefois vous aimeriez en apprendre davantage sur la série Grisha, voici le lien vers ma revue du premier tome: Shadow and Bone.

Comme à son habitude, Leigh Bardugo nous propose des récits magnifiques écrits avec beaucoup de poésie et de justesse. Jamais l’auteure n’a aussi bien manié le scalpel pour graver ses mots! Certaines nouvelles abordent des sujets inédits tandis que d’autres réécrivent avec brio les histoires qui ont bercé notre enfance – mais toutes mettent en avant des thèmes qui nous touchent personnellement.

Ce qui a joué dans ma notation, finalement, c’est l’impact que ces histoires ont eu sur moi. Parfois, le texte était court et a su me transcender. Parfois, le texte était plus long mais n’a suscité aucune émotion de ma part. De manière plus générale, certaines nouvelles n’ont pas été exploitées à hauteur de leur potentiel, ce qui est bien dommage! A part ça, les illustrations sont sublimes et ont participé à mon appréciation globale de l’ouvrage.

Ayama and the Thorn Wood - 3.5/5

« Sometimes the unseen is not to be feared and those meant to love us most are not always the ones who do. »

Ayama vient d’une famille pauvre, et contrairement à sa soeur, celle-ci est loin d’être une figure de beauté. Faisant honte à ses parents, ces derniers décident de cantonner leur fille à un rôle de servante où il sera exigé d’elle le silence et la discrétion. Mais tout change le jour où le roi a besoin d’un messager pour convaincre le monstre qui hante le territoire de cesser de détruire les ressources des paysans. Avec à la clé des richesses inestimables, les parents d’Ayama décident de l’envoyer négocier avec la créature sans se soucier de ce qui pourrait lui arriver. Après tout, ils font dorénavant partie de la bourgeoisie. 

Cette triste et belle histoire se déroule sur les terres Zemeni, et on découvre une autre facette de la culture folklorique russe! Elle m’a un peu fait penser à La Belle et la bête et les Mille et une nuits! J’ai trouvé cette combinaison très intéressante, mais du coup, l’issue de l’histoire en est devenue prévisible… La situation d’Ayama m’a beaucoup touchée (j’adore les histoires qui commencent par le vilain petit canard de la famille), si bien que j’ai été assez déçue par la conclusion de cette nouvelle. J’ai trouvé le tout bien trop pratique compte tenu des situations avancées. Et que dire de ces parents immondes? Mais bon, plus ça nous fait souffrir, plus on aime ça, n’est-ce pas? x)

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The Too-Clever Fox - 4/5

« The first trap the Fox escaped was his mother’s jaws. »

Dans une nature où il est difficile de survivre, seuls ceux qui réussissent l’étape de la sélection naturelle sont dignes de vivre. Koja est le seul renard à avoir échappé au sombre destin auquel lui destinait sa mère. Faible et esthétiquement déplorable, Koja n’est qu’une bouche de plus à nourrir dans une forêt où les hivers se montrent rudes. Pourtant, le renard va à plusieurs reprises se sortir des situations les plus extrêmes grâce à sa ruse. Mais un beau jour, un chasseur s’attaque aux animaux de la forêt, laissant familles et amis meurtris. Koja est certain qu’il peut mettre fin à cette destruction et sauver ses camarades. Mais la ruse suffira-t-elle cette fois-ci? 

Mais qu’avons-nous là? Ma deuxième nouvelle préférée de tout le recueil, pardine! L’histoire est courte mais poignante et pleine de leçons de vie. Moi qui suis sensible à la cause animale et absolument contre la chasse, Leigh Bardugo m’a fait passer par des moments difficiles! Je me suis attachée à Koja, et j’étais très inquiète pour lui et les autres animaux de la forêt… Bref, je n’en dirai pas plus mis à part que cette histoire m’a beaucoup marquée!

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The Witch of Duva - 5/5

« There was a time when the woods near Duva ate girls. »

A Duva, la légende raconte que les jeunes filles qui s’égaraient tard le soir dans les bois disparaissaient à jamais. On murmure qu’une créature aurait un faible pour cette chair humaine et que seules les larmes de leurs mères attesteraient de leur existence passée. Mais voilà qu’après plusieurs années de fausse tranquillité, les disparitions reprennent. L’hiver sévit et le village peine à produire des recettes qui subviendront aux besoins des familles. La bête est affamée, et les jeunes filles disparaissent à une vitesse effrayante. Nadya, une adolescente du village, décide d’enquêter malgré elle sur cette affaire.

La voilà, ma nouvelle préférée! J’ai adoré le mystère et l’ambiance lugubre qui entourent Duva. J’ai pas arrêté de me demander quelle créature/personne pouvait bien être responsable de toutes ces disparitions (surtout que c’est bien horrible vu qu’on pense que les jeunes filles ont été mangées). Non mais franchement, j’ai eu la chair de poule à la fin, c’était tellement… GORE. Nadya est gentille et courageuse, j’ai bien aimé suivre son point de vue! Malgré l’atmosphère sombre, il y a tout de même des éléments de beauté, et la morale y était intéressante et appliquée avec exemplarité.

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Little Knife - 3/5

« You may recognise this quiet… This is the sound of a heart gone silent. »

Yeva n’a jamais rien demandé, et pourtant, les cieux la marqueront d’une inégalable beauté. Plus celle-ci grandit, plus son physique fait la fierté de son père. Mais la reconnaissance ne suffit plus pour le duc, il veut que sa fille le comble de richesses, et pour cela, elle doit épouser le noble le plus fortuné. Il organise ainsi une quête où les prétendants se défieront pour mériter la main de Yeva. Cependant, dans sa vanité, le duc a sous-estimé le pouvoir qu’il a octroyé aux postulants en promettant aussi facilement la main de sa fille. L’argent fait-il vraiment le bonheur? 

Bon… Malgré une histoire alléchante (tout comme sa morale), je dois dire que Little Knife est la nouvelle à laquelle j’ai le moins accroché! J’ai eu du mal à apprécier les personnages – Yeva est trop passive, le duc trop superficiel, les prétendants pas intéressants… En revanche, j’ai bien aimé la rivière, même si je n’ai pas trop saisi ses motivations dans tout ça… Je me rends compte que cette histoire m’a un peu confuse! Mon plus gros problème, c’est quand même le fait que je n’ai rien ressenti. Je m’en fiche royalement pour tout vous dire. *Aie*

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The Soldier Prince - 4/5

« My life began with wanting something for myself. »

Droessen est un marchand et constructeur d’objets animés, et si son talent est reconnu par le reste de la population, celui-ci n’a pourtant qu’un seul intérêt – devenir riche. Pour cela, il doit se marier. Mais quelle femme pourrait-il séduire qui n’aurait pas déjà été promise? Droessen trouve sa cible en la personne de Clara, une jeune fille à qui il offre des jouets enchantés afin qu’ils lui racontent tous ses secrets. Avec le temps, il espère que cette dernière finisse par développer des sentiments pour lui et que le tout se termine en un mariage fructueux. Cependant, le marchand n’avait certainement pas imaginé que l’un de ses jouets – le prince soldat – puisse devenir vivant et conquérir le coeur de sa proie. 

Encore un formidable récit signé Leigh Bardugo qui se déroule, cette fois-ci, à Kerch. J’ai été enchantée par son côté magique et mécanique! Et si nos jouets devenaient vivants? Voilà de quoi nous émerveiller et nous effrayer. Mais ce qui m’a beaucoup plu ici, ce sont les sujets traités: la quête identitaire, le fait de prendre le temps de penser à soi, la conscience artificielle, les rêves… Sur plusieurs points, j’ai trouvé cette histoire sensible car elle met en avant l’éveil de la conscience – qu’est-ce qui fait qu’on est vivant? Qu’est-ce qui nous motive à avancer? Le prince soldat était touchant comme tout!

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When Water Sang Fire - 3/5

« A thousand desperate wishes have been spoken on these shores, and in the end they are all the same: Make me someone new. »

Ulla est une sirène doublement marquée par la nature. Non seulement elle excelle à l’exercice du chant, mais en plus, elle se différencie des autres par sa peau grise. Si le premier lui permet de gagner le respect de ses acolytes, le deuxième, lui, est la source de tous ses problèmes. Dans ce monde de sirènes, il n’y a aucune place pour ceux qui se distinguent, encore moins pour ceux que l’on soupçonne d’être corrompus par le gène humain. C’est avec sa meilleure amie Signy qu’Ulla rêve de chanter pour la Cour royale venue les voir chanter. En réalisant ses performances, Ulla espère élever son rang social et vivre de son art. Mais parfois, à trop en vouloir, on finit par tout perdre. 

Avant même de commencer The Language of Thorns, je savais que beaucoup de lecteurs considéraient cette nouvelle comme étant la meilleure. Et vu que c’est celle où le Darkling fait son apparition… Vous vous doutez bien que je bavais à l’idée d’arriver à la fin du recueil *bave littéralement*. Cette réécriture de La petite sirène est très bien faite, j’ai aimé la manière avec laquelle l’auteure a su intégrer l’importance du chant et de l’amitié entre Ulla et Signy – ou encore la recherche de l’acceptation par la société, le prix de la magie, l’ambition qui peut être destructrice…

Mais, mais… J’en sors très déçue… Si j’ai bien aimé le début de ma lecture, je me suis aperçue très vite que je ne ressentais rien pour les héroïnes. Vous savez, j’ai toujours eu du mal avec les personnages qui cherchent l’approbation des autres, et là ça n’a pas manqué! Ulla semblait intelligente mais je vois, en fin de compte, qu’elle manque cruellement de discernement. J’imagine que c’est le but de l’histoire? Mais toujours est-il, j’attendais plus d’émotions et de complexité. En plus, j’ai trouvé le récit trop long par rapport à ce qu’il délivrait.

Quant au Darkling, ça m’a fait plaisir de le revoir. Et vous savez quoi? Je suis encore plus frustrée qu’après Ruin and Rising! Cependant, je dois avouer qu’il n’apporte rien à l’histoire. Mais au pire, ça passe vu que c’est le Darkling 😀

Cette fille n’a aucune objectivité.

 

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The Language of Thorns

 

Jennifer

Hello!
Ici Jennifer, blogueuse littéraire qui lit en anglais et qui adore tellement bavarder qu’elle en écrit de longues revues. Oups. Mais c’est pas grave! Viens découvrir mes chroniques et passe du côté obscur de la force! On est bien du côté obscur, non?

6 pensées sur “The Language of Thorns: Midnight Tales and Dangerous Magic de Leigh Bardugo

  • Je l’ai reçu il y a peu 🙂 Déjà c’est un magnifique livre, et ensuite, j’ai tellement adoré Six Of Crows que j’ai hâte de le lire 🙂

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    • Ahhh que c’est super! En plus, il sent très bon! J’adore!
      J’espère qu’il te plaira. En tout cas, j’ai hâte de lire ta revue 🙂

  • Il va vraiment falloir que je me penche sur ce recueil ^^ En attendant de m’attaquer à la trilogie des Grisha, j’ai bien envie de lire ces nouvelles pour retrouver le style de Leigh Bardugo 🙂

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    • Franchement, je trouve que Leigh Bardugo écrit de mieux en mieux et qu’elle retient davantage mon attention! C’est un recueil parfait pour t’introduire doucement à l’univers grisha (après, tu me diras ce que tu penses du contenu) 😀
      Puis, visuellement, ça en jette quoi 😉

  • Ce recueil a l’air sympa. Je n’ai pas encore lu de livres de cette auteur mais je n’en entend que du bien. je vais peut être me lancer bientôt du coup 🙂
    Tu es toujours de bon conseil 😉

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    • Ouiii! Les histoires sont sublimes, tout comme les illustrations! 😉
      Par contre, je trouve que la moitié d’entre elles n’ont pas été assez développées et qu’elles n’ont pas su susciter les émotions attendues 🙁

      PS: j’ai une extension qui a effacé ton commentaire sur Godsgrave sans me consulter (la diablesse!). Du coup, je n’ai pas pu l’afficher mais j’ai pu le voir grâce à une copie envoyée par mail x)

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