The Poppy War de R.F. Kuang

The Poppy War est le premier tome d’une trilogie.

Rin est une orpheline ayant perdu ses parents au cours de la Seconde Guerre des Coquelicots, une période sombre de l’Histoire qui opposa l’Empire de Nikara à la Fédération de Mugen, qui tente par tous les moyens de fuir le mariage arrangé organisé par sa terrible tante. Si dans un premier temps son rêve de servir l’Empire s’avère irréalisable, c’est cependant toute une audience qu’elle surprend lorsqu’elle finit par être admise au célèbre Keju – l’examen permettant de déceler les élèves les plus brillants – et qu’elle en vient à intégrer la prestigieuse école militaire de Sinegard grâce à sa ruse et à son travail acharné. Néanmoins, en défiant les attentes du système, Rin devient le bouc-émissaire de ses camarades et de ses professeurs puristes qui pensent qu’elle n’a pas sa place avec l’élite. Jetée à même parmi les cours de combat et la haine des fils de diplomates qui se sont entraînés toute leur vie pour étudier à l’Académie, l’ancienne paysanne trouvera son seul réconfort auprès des enseignements Lore de Maître Jiang, un spécialiste des coutumes divines ancestrales, qui va lui inculquer les vertus du chamanisme et de l’opium. Et par conséquent, de leurs dangers inhérents.

Mon avis

Vous en avez probablement déjà entendu parler, The Poppy War est le livre de l’année qui a secoué la fantasy. Entre culture chinoise, héroïne de couleur, univers original, école militaire et horreurs de l’humanité, ce premier tome en a époustouflé plus d’un! C’est pourquoi je m’étais empressée de le lire. Toutefois, malgré les nouveaux concepts fascinants, j’ai été déçue par l’exécution des idées. Ça ressemblait un peu trop à une autre série que j’avais adoré… Bloop.

A Nikara, des humains appelés chamanes peuvent s’approprier la magie des dieux en consommant de l’opium, une drogue provenant de pavots tels que les coquelicots, afin d’accéder à d’immenses pouvoirs. Il y a longtemps, le Guerrier, le Gardien et la Vipère, trois apprentis chamanes formant la Trifecta, se sont unis dans l’objectif de libérer l’Empire de Nikara alors qu’il était sur le point d’être définitivement conquis par la Fédération de Mugen. La victoire fut la première de l’Empire. 

Mais alors que le Guerrier s’imposa comme le nouvel Empereur de Nikara, la paix instaurée, aussi discutable fut-elle, s’effondra à la suite de sa mort. Le territoire ressortant fragilisé par les discordes politiques, c’est la Vipère qui s’emparera finalement du trône, le Gardien ayant disparu. Sa première décision sera ainsi d’interdire la production et l’ingestion de drogues psychédéliques afin de libérer la nation du brouillard spirituel dans lequel elle était plongée depuis tant d’années.

Cela étant, en dépit de ce bannissement, des marchés noirs se sont créés parmi les plus pauvres en vue de palier aux difficultés économiques. C’est d’ailleurs le cas de l’oncle et de la tante de Rin qui songent à la marier de force à un homme plus âgé dans le but de faire fructifier leur commerce. Cependant, Rin veut fuir son destin et devenir un atout pour l’Empire, c’est pourquoi elle décide de passer l’examen du Keju afin d’intégrer l’académie militaire de Sinegard. Mais là non plus rien n’est simple entre son statut de paysanne noire et la menace d’une troisième guerre.  

War doesn’t determine who’s right. War determines who remains.

Bof bof bof… On peut pas dire que je ressors impressionnée de cette lecture. Outre une inspiration innovante de la culture, de l’Histoire et de la mythologie sino-japonaise, le récit était d’une extrême banalité. Déjà, ce qui m’a le plus dérangée, ce sont les fortes ressemblances avec la série The Black Mage. Factions, systèmes d’apprentissage, métier d’apothicaire, académie impériale accueillant au pseudo mérite nobles et pauvres… Tout est identique! UGH

Alors je sais, vu comme ça, on peut se dire que ce sont des critères qu’on retrouve dans tous les romans « boarding school ». Sauf que là, je vous promets, c’est vraiment pareil: les factions ont les mêmes noms, les cours sont quasiment similaires, même la relation tumultueuse entre Rin et Nezha me rappelle celle de Ryiah et Darren. Je ne pense pas que l’auteure ait fait exprès étant donné que The Black Mage a été auto-publié, mais pour quelqu’un comme moi qui l’a lu, bah, ça casse tout! Je suis forcément moins éblouie par The Poppy War… 

Par contre, au niveau des subtilités de l’univers, j’ai beaucoup accroché! J’ai adoré le fait que les rares chamanes doivent se droguer pour puiser dans les pouvoirs destructeurs des dieux. Après, c’était quand même confus au début, je ne savais pas si le dieu des personnages était une réelle entité ou s’il s’agissait de leur conscience magique profonde… C’était un peu pareil avec cette sorte d’au-delà dans lequel les héros naviguent grâce à leur esprit. En tout cas, j’ai envie d’en savoir plus sur les invincibles mais décimés Speerly, la Trifecta, le Temple des Moines… Toussa toussa!

Ce qui m’a plu aussi, c’est la profondeur à laquelle est allée l’auteure pour élaborer des stratégies militaires pertinentes. J’ai comme l’impression que R.F. Kuang a décortiqué des livres spécialisés en la matière, vu comment elle prend en compte des axes primordiaux auxquels je n’aurais jamais pensé! Honnêtement, j’ai gagné en intelligence militaire, même si cela ne me servira probablement jamais à rien! C’est dommage que Rin n’ait pas recours à son don dans le domaine pour prendre des initiatives, mais ça, on y reviendra plus tard. Ahem. *Tousse*

“They were monsters! » Rin shrieked. « They were not human! »
« Have you ever considered » he said slowly « that that was exactly what they though of us?” 

Il y a peu de violences dans ce bouquin, mais celles-ci sont intenables par leur intensité! Tortures, viols et autres barbaries détaillées tirent leur inspiration des guerres sino-japonaises, notamment celle du Viol ou Sac de Nankin où des milliers de femmes ont été violées et tuées impunément. Ici, la guerre change radicalement les Hommes, elle les dénue de toute moralité. Les réflexions sur la guerre et ses répercussions sont intéressantes: faut-il combattre le mal par le mal? Si oui, en quoi est-on meilleur que l’autre? Qui est-on pour décider du droit de vivre ou de mourir? 

Une chose est sûre, j’ai nettement préféré les personnages secondaires à l’héroïne principale! A commencer par Kitay, l’ami loyal qui n’hésite pas à remettre Rin à sa place lorsqu’elle fait de la daube (ce qui arrive souvent). C’est un protagoniste que j’ai aimé car il n’a rien de spécial, il ne surjoue pas et ne cherche pas à être meilleur que les autres, c’est juste un bosseur et un gars qui réfléchit! Puis, il y a Nezha, le bourgeois qui dénigre tout et tout le monde, qu’est-ce que je l’avais détesté! Cela dit, il évolue et devient… Archi appréciable. J’ai hâte de le retrouver!

Pour ce qui est de Rin, j’ai été déçue. Si au début elle se montre forte, intelligente, obstinée et prête à en découdre avec tous ceux qui lui mettent des bâtons dans les roues, elle finit par devenir ennuyeuse et passive! Pendant la première moitié du livre, l’auteure avait mis l’accent sur son ambition et ses capacités de stratégiste, et pourtant, Rin ne prendra jamais une seule initiative. Pire, au lieu d’apprendre de ses erreurs, elle les reproduit. Et lorsqu’on la violente physiquement, elle se laisse faire. Je n’ai vraiment pas aimé cette régression de sa personnalité…

En plus, elle réussit tout, trop facilement, alors qu’elle a en face d’elle des élèves s’étant entraînés toute leur vie pour étudier à l’Académie. Je cherche encore la crédibilité là-dedans… 

Finalement, malgré la présence de quelques rebondissements (prévisibles, hein), l’intrigue n’a pas été à la hauteur de mes attentes, j’ai trouvé le tout bien trop simple… Mais bon, j’ai très envie de découvrir la suite, l’univers, dans ses détails, me plaît beaucoup! Tout comme les personnages secondaires. J’espère juste que Rin sera moins bornée!

Vous l’aurez compris, ce n’est pas une révolution, mais ça reste divertissant x)

Ma notation de trois étoiles

 

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Jennifer

Hello ! Moi, c'est Jennifer, une blogueuse littéraire pétillante qui lit en anglais et qui adore tellement bavarder qu'elle en écrit de longues revues. Oups. Mais c'est pas grave ! Viens découvrir mes chroniques et passe du côté obscur de la force ! On est bien du côté obscur, non ? ツ

14 pensées sur “The Poppy War de R.F. Kuang

  • L’univers de ce roman a l’air vraiment top et originale. Dommage qu’il y ait autant de similitudes avec une autre saga, cela t’a un peu gâché le plaisir.

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    • T’as compris mon problème avec ce livre ! Je tenterai tout de même le deuxième tome, ne serait-ce que pour le personnage de Nezha que j’ai beaucoup apprécié 😛

  • Ah ouais, nan je connaissais pas du tout. J’aime bien ce genre de fantasy, en France, il y a la série KEL d’Andréa Schwartz que je te conseille (oui bon c’est du français par contre et il y a pas de traduction anglaise XD)
    Bisous et bonne année !
    Kin

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    • Ça ressemble à Mulan ça aussi xD
      Je ne lis pas de traductions anglaises de livres français ! Ça n’a pas de sens poulette 😛
      Par contre, je t’avoue avoir beaucoup de mal à lire en français ^^

      Bonne année à toi aussi ! Bisous 😀

    • C’était pour rire XD pour te le faire lire plus facilement :p

    • Ah mince, j’avais pas capté xD
      Bah écoute, fais-moi une petite traduction tranquillou 😛

  • Oui mais non ! XD En lisant le résumé, je me suis dit : tiens c’est Mulan. En tout cas, ça semble très prometteur et ambitieux pour au final ne pas être à la hauteur. C’est dommage.

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    • Ah ouais? C’est par rapport à la guerre entre la Chine et les Huns que ça te fait penser à Mulan?
      Je n’avais même pas fait le rapprochement!

    • Oui, la guerre, le mariage arrangé, le fait qu’elle veuille prendre sa destinée en main, et le contexte 🙂

    • Après, Mulan c’est pas non plus un monstre de l’originalité 😛

  • Je vais tenter de le faire passer en achat de début d’année alors ! Je crois que le paperback sort bientôt !

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    • Si tu le vois d’occasion… 🙃

  • Moi qui m’attendais à quelque chose d’énorme … Je le lirai quand même ; après tout, tu as fait baisser mes attentes d’un coup !
    Je te fais des bisous !

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    • Comme souvent, j’ai envie de dire… Je me fais souvent avoir par la popularité d’un livre x)
      Après l’univers reste intéressant, comme les personnages secondaires, donc ça me donne quand même envie de lire la suite !
      J’espère que tu le liras bientôt, ça serait cool d’avoir ton avis 😀

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