The Seven Husbands of Evelyn Hugo de Taylor Jenkins Reid

Autrefois célèbre pour sa plastique de rêve et ses nombreux scandales, Evelyn Hugo a pourtant fini par privilégier l’oubli et la discrétion. Mais aujourd’hui, pour l’une de ses rares apparitions publiques se tenant à l’occasion de la médiatisation de l’oeuvre de charité soutenant les victimes du cancer du sein à laquelle elle participe, l’actrice veut sortir du silence. Dans cette optique, elle accepte d’accorder une interview au magazine Vivant afin de faire part de son rôle dans la vente aux enchères où figurent les robes emblématiques qui ont marqué sa carrière d’actrice. Cela étant, derrière cette fausse prétention, Evelyn Hugo a un tout autre projet: celui de confier à la journaliste en herbe Monique Grant la rédaction de sa biographie sous un angle des plus authentiques. En effet, il semblerait que l’actrice soit enfin prête à dire la vérité sur les sept mariages qui ont bouleversé sa vie. Cette exclusivité pouvant rapporter des millions à son auteur, Monique Grant en vient cependant à se questionner sur la raison qui a pu inciter Evelyn Hugo à la choisir. Pourquoi elle? Pourquoi maintenant? Et surtout, quel lien peut-il bien les unir?

Y a des moments comme ça où il vaut mieux écouter son instinct. Quand j’ai vu le synopsis de The Seven Husbands of Evelyn Hugo, je n’étais pas franchement emballée. L’histoire ne me disait rien qui vaille. Petit retournement de situation: à force de ne voir que des critiques positives et des éloges à en décoller la rétine de Frankenstein, j’ai fini par céder à cette frénésie. Pour finalement détester ma lecture… Et je ne peux m’en prendre qu’à moi! Oui, c’est crispant x)

Monique Grant se voit offrir le job d’une vie. Récemment divorcée et peinant à gravir les échelons du journalisme, elle finit toutefois par attirer l’attention de l’ex icône du cinéma Evelyn Hugo. En effet, pour son apparition exceptionnelle en soutient aux victimes du cancer du sein, cette dernière se dit prête à satisfaire la curiosité d’une presse qui se démène depuis des années pour se voir accorder un entretien avec la légende. Néanmoins, l’actrice pose deux conditions non négociables: non seulement elle ne traitera qu’avec le magazine Vivant, mais en plus, elle n’aura affaire qu’à Monique Grant, soit la journaliste la moins expérimentée du journal.

Pour Monique, c’est le choc, d’autant plus qu’Evelyn Hugo lui apprend que l’interview ne concernera pas la mise en vente aux enchères de ses robes personnelles, mais le rétablissement de la vérité sur sa vie et les sept mariages qui ont fait la une de la presse à scandale. L’actrice veut faire table rase du passé et exposer sa vraie personnalité: celle d’une femme aux mille secrets qui n’a reculé devant rien pour obtenir ce qu’elle voulait. En confiant ainsi sa biographie à Monique Grant, Evelyn Hugo lui assure des millions de dollars. Mais pourquoi? Quel secret pourrait bien ronger cette actrice imperturbable au point qu’elle en vienne à vouloir se racheter de la sorte?

When you’re given an opportunity to change your life, be ready to do whatever it takes to make it happen. The world doesn’t give things, you take things.

Situé dans les années 1950, le roman nous plonge dans le glamour et la fumisterie de l’industrie cinématographique hollywoodienne d’antan. Dès les premières pages, on s’aperçoit que la société est loin de l’image idéaliste qu’on s’est forgé au fil du temps. C’était beau. Mais était-ce mieux? Pas tellement, j’ai envie de dire! Il n’y a qu’à regarder la manière dont les femmes sont traitées, la façon dont les homosexuels sont diabolisés ou encore la tendance à vouloir tout contrôler, pour se rendre compte des problèmes qui se cachaient derrière toutes ces paillettes. Notamment la solitude, la négation de l’identité, le refoulement de la sexualité et les abus de pouvoir.

Ce qui a été réussi, c’est la démonstration de la sexualisation de la femme. Avec les flashbacks alternés entre le présent et le passé, Evelyn Hugo se confie sur la brutalité de la réussite féminine. Elle fait part des relations sexuelles non désirées servant de tremplin vers la gloire, de l’importance de l’entretien du corps, de la nécessité de provoquer pour maintenir l’intérêt du public ou encore de la fatalité du déclin de l’apparence physique! Semblable à nos jours, une femme qui vieillit n’a plus l’identique attrait pour le cinéma…

D’autre part, malgré qu’une femme devienne connue, elle peut se retrouver pieds et poings liés par la société: on attend de celle-ci qu’elle obéisse à son mari, qu’elle fonde obligatoirement une famille ou encore qu’elle garde pour elle ses problèmes conjugaux (surtout s’il s’agit de violences) sous peine de se voir socialement détruite. Alors, forcément, on n’en veut pas à Evelyn Hugo de vouloir écraser tout et tout le monde pour s’affirmer et réclamer son indépendance! D’ailleurs, ce sont les seuls aspects que j’ai apprécié dans cette histoire. Sorry not sorry! 

It’s always been fascinating to me how things can be simultaneously true and false, how people can be good and bad all in one, how someone can love you in a way that is beautifully selfless while serving themselves ruthlessly.

Parce qu’après… J’ai détesté le reste. Déjà, j’avais l’impression que l’auteure n’assumait pas de mettre en avant une héroïne égoïste et manipulatrice. A chaque fois qu’Evelyn Hugo racontait comment elle s’était servi des autres et comment elle les avait blessé sans scrupules, il fallait soit: 1) qu’un drame se produise afin qu’on ait pitié pour l’actrice (idéal pour susciter de l’empathie envers un personnage antipathique), 2) que Monique vienne justifier ses actes en dégainant des excuses qui prouvent aux lecteurs qu’Evelyn n’est pas foncièrement mauvaise. Hmmm.

J’ai eu aussi beaucoup de mal avec les personnages. D’habitude, je suis friande des protagonistes qui assument jusqu’au bout leurs actes, mais là, tout sonnait faux. Evelyn blesse beaucoup de personnes et commet des erreurs irréfléchies en vue de protéger ceux qu’elle aime. Sauf que pour moi, c’était juste une excuse pour accomplir ses propres intérêts. Peu importe ce que lui disent les individus concernés, Evelyn ne tient pas compte de leur avis, elle fait juste ce qu’elle a envie, même si cela les fait souffrir. Mais bon, c’est pour leur bien. Hypocrisie, quand tu nous tiens. 

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Par exemple, avant que la première rupture ne survienne, Evelyn avait fait part à Celia de ses plans de protéger leur couple du lynchage médiatique en orchestrant son mariage bidon avec le réalisateur. Or, elle n’avait jamais dit à sa copine qu’elle allait coucher avec pour rendre la chose plus crédible! Pourquoi?! Les photos et le mariage à Las Vegas étaient suffisants pour faire taire les rumeurs, mais non, il fallait qu’elle couche avec… NO COMPRENDO. Pourtant, Celia avait bien déclaré ne pas vouloir de cette combine, mais vu qu’Evelyn voulait sauver sa carrière… Oh, puis, elle tombe enceinte du mec. Je maudis ces drames à répétition!

Dans le cadre de la deuxième rupture, j’étais encore plus exaspérée. Evelyn n’apprend rien de ses erreurs! Certains diront que Celia a eu une réaction puérile. Personnellement, j’étais d’accord avec sa décision. Evelyn l’avait trompée alors qu’elle avait déjà un cruel manque de confiance en elle, donc le fait qu’Evelyn tourne une scène de sexe très intime avec son ex mari (qui je rappelle l’avait battue) est forcément blessant, même si c’est seulement un film!

D’ailleurs, cette deuxième séparation a brisé la crédibilité de ce couple homosexuel. Si Celia avait été l’amour de sa vie, Evelyn l’aurait consultée AVANT de tourner cette scène. Mais non, elle était juste obnubilée par son rôle. Pour un amour véritable, ça craint sévère!

Quant à Monique, elle est vachement simpliste. Certes, son interview avec Evelyn lui forge un peu le caractère, mais la plupart du temps, elle se laisse dominer par son interlocutrice. Sans compter que sa trame n’était pas intéressante. Je n’ai rien ressenti pour elle. Le plus frustrant, c’est que sa narration se veut contradictoire et répétitive: c’est comme si l’auteure avait introduit cette héroïne dans le but de confirmer les suspicions du lecteur, par crainte que celui-ci ne soit capable de comprendre et de relier les axes scénaristiques entre eux! J’avais le sentiment d’être prise pour une nouille durant toute la lecture… Seul Harry a su m’émouvoir par sa pureté et sa loyauté.

Niveau intrigue, c’est pas la joie non plus. Je me suis ennuyée ferme, un truc de dingue! L’auteure ne fait que relater monotonement l’histoire des sept époux de la star et euh… C’est tout? Passé l’étallage des trois premiers mariages, on remarque que Taylor Jenkins Reid suit EXACTEMENT le même schéma pour tout. Les héros usent la même stratégie pour régler le même problème! Résultat: aucun suspense, aucun rebondissement. Au final, la seule chose qui m’a motivée à poursuivre le récit, c’est la soit disant fin époustouflante. Et bien, même là, la révélation m’a fait l’effet d’un pâté en croûte. C’était tellement dramatique et nul. Je suis déçue!

Avec de surcroît sa romance toxique et sa quantité exubérante de drames, The Seven Husbands of Evelyn Hugo m’a laissé de marbre. Je pleure l’argent que j’ai dépensé pour ce mélodrame!

 

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Jennifer

Hello! Je suis Jennifer, une blogueuse littéraire qui lit en anglais et qui adore tellement bavarder qu'elle en écrit de longues revues. Oups. Mais c'est pas grave! Viens découvrir mes chroniques et passe du côté obscur de la force! On est bien du côté obscur, non? ツ

4 pensées sur “The Seven Husbands of Evelyn Hugo de Taylor Jenkins Reid

  • J’ai lu ta chronique sur goodreads… outch… après je suis d’accord avec ce que tu avances surtout sur le côté trop dramatique. Je veux bien qu’on appuie sur cela mais là franchement… Et en plus l’auteur qui n’assume pas ses choix… Aïe

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    • C’est en tout cas l’impression que j’ai eu! Il y avait toujours un truc pour justifier le comportement d’Evelyn, alors qu’on voit très bien qu’elle est égoïste, c’était vraiment agaçant… Ça faisait longtemps qu’un livre ne m’avait pas autant gonflée xD

  • Ah mince, ce livre m’intéresse beaucoup, je suis dégoûtée qu’il ne t’ait pas plu !!
    En effet, si l’auteure n’assume pas son personnage, c’est assez moyen … Dommage ! Mais je pense que je me laisserai quand même tenter, rien que pour voir ce que j’en pense ! 😛

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    • Et moi donc! J’ai senti que tout était surfait, notamment la manière de « nuancer » Evelyn Hugo et de la rendre plus « complexe » à travers des décisions censées être déchirantes ainsi que des drames se voulant poignants. C’est pas tellement la notion de drame qui me gêne, après tout, si c’est crédible et bien géré, ça peut rendre le roman d’autant plus marquant! Mais là, je sais pas… Parfois, l’auteure terminait ses chapitres sur une note sombre et prenante, pour finir, au début du chapitre suivant, par banaliser le thème en question. On va dire qu’il y a un déséquilibre entre ce qui était annoncé par l’auteure et/ou les personnages et ce qu’il advient de l’exécution!

      Pour ce qui est de la personnalité d’Evelyn Hugo, j’aurais nettement préféré avoir une héroïne égoïste et manipulatrice qui s’assume plutôt que d’avoir une protagoniste qui se cache derrière la prétention d’aider ceux auxquels elle tient. On voit que l’auteure voulait à tout prix réhabiliter Evelyn aux yeux du lecteur, mais ce fut un échec cuisant pour moi ^^

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