To Kill a Kingdom de Alexandra Christo

Lira est une sirène tueuse de princes. A chaque anniversaire, elle est priée d’arracher le coeur d’un prince humain afin de renforcer sa position d’héritière cruelle aux yeux de sa mère, la Reine de la Mer. Mais sous peu, les impulsions de la princesse vont lui coûter cher. Pour ses dix-huit ans, Lira choisit d’aller à l’encontre des traditions et de sacrifier un prince avant sa date d’anniversaire, et dans sa colère, la reine décide de la transformer en humaine. A présent, le seul moyen pour Lira de revenir dans les bonnes grâces de sa mère est de lui rapporter le coeur du Prince Elian, le pirate et chasseur de sirènes qui fait trembler la mer, avant le solstice d’hiver. Voilà qui n’aurait pas pu mieux tomber, Elian a justement des comptes à régler avec Lira.

Quand j’ai appris que To Kill a Kingdom était une réécriture de La Petite Sirène, je n’ai pas hésité longtemps avant d’en faire l’acquisition. En même temps, quand tu vois que l’auteure met en avant des personnages antagonistes qui éliminent chacun les semblables de l’autre, c’est difficile de résister! Ma foi, je ressors guère impressionnée par ce roman banal. Franchement… C’est un énorme OSEF pour moi.

Au Royaume de Diavolos, Lira est l’une des sirènes haïssant les mortels. Depuis sa naissance, la Reine de la Mer lui inculque le mépris et la brutalité, si bien que la princesse ne fait plus de distinction entre le bien et le mal. Lorsqu’elle ne tourmente pas ses sous-fifres, elle se délecte des princes humains dont elle collectionne les coeurs. Mais dans sa soif de violence, Lira dérape et s’attire les foudres de sa mère qui choisit de l’humilier en faisant d’elle une mortelle. Ramener le coeur du Prince Elian devient sa seule absolution. Gore, en effet.

Au Royaume de Midas, le Prince Elian n’aspire en rien à la vie de roi, c’est à peine s’il tolère les intrigues de la Cour. Son bonheur, il le trouve en mer et dans son talent à protéger les humains des monstres marins. Du coup, lorsqu’il voit se noyer Lira, méconnaissable à la suite de sa transformation, il n’hésite pas se jeter à l’eau pour la sauver. Mais en accueillant la sirène devenue mortelle sur le Saad, le pirate et chasseur est loin de se douter qu’il abrite la créature qu’il s’est juré de traquer. Parce que parler Psáriin, c’est pas assez suspect…

Un p’tit bisou? Je crois que ça veut dire non…

L’univers des sirènes est riche et bien amené. Alexandra Christo nous plonge dans une ambiance aquatique avec des descriptions brutales et colorées, une langue appelée Psáriin et une histoire mythologique qui explique la haine entre humains et sirènes. Toutefois, les territoires humains n’ont pas été aussi bien développés! Je comprends pas ce déséquilibre quand chacun des peuples est représenté par les héros. Tout ça n’a fait que prouver une fois de plus combien le point de vue d’Elian a été inutile à l’histoire!

Niveau personnages, Lira est la mieux réussie. C’est l’anti-héros que l’on aime détester! Sa cruauté rend son histoire plus attrayante car on s’attend à une évolution progressive et réaliste! Si les révélations sur son passé, sa famille et les raisons qui la poussent à agir aussi violemment envers les autres la rendent aussi peu attachante, elles lui donnent néanmoins les dimensions nécessaires à sa compréhension. Lira n’a pas eu la vie facile, mais on ne la voit JAMAIS se plaindre. Elle reste forte et déterminée! Tout ce qu’on attend d’elle, quoi!

Par contre, Elian est une déception. Ce type n’a pas DU TOUT la figure d’un pirate ou d’un assassin! Il ne commet aucun acte de piraterie, il ne sait pas négocier (tu lui demandes un doigt, lui, il te donne un bras), il n’écoute pas les conseils de ses amis parce qu’il pense avoir la science infuse. Le pire, c’est que pour un chasseur, il se laisse surprendre facilement par les attaques commises par des sirènes pourtant restreintes (lol) et des humains sachant à peine se battre (archi lol). S’il fait trembler la mer, j’imagine que c’est de rire?

Tu m’as ôté les mots de la bouche, Marcel !

Niveau action ou plutôt inaction – je reste sur ma faim. Avec à l’affiche des pirates et des chasseurs de sirènes, je m’attendais à une multitude de complications et de péripéties! Bah non. Ici, les héros traversent tranquillement d’un point A à un point B sans jamais rencontrer de problèmes ou d’ennemis. Vous avez dit crédible? L’océan est supposé être rempli de dangers avec des sirènes capables de manipuler leur proie par leur beauté et leur chant. Au lieu de ça, la menace est imaginaire. Il ne se passe RIEN.

Côté intrigue, pas de quoi s’enflammer. La Reine de la Mer a connaissance de tout ce qui se passe dans l’océan, mais pour je ne sais quelle raison, elle ne semble jamais savoir ce qui se trame réellement. Elle ne pense même pas à en finir elle-même avec Elian alors qu’elle a les pouvoirs et l’avantage. Je ne vous parle même pas des facilités scénaristiques de la fin et de l’effacement bien pratique des inconvénients découlant des négociations avec les autres dirigeants. C’est comme si cette « guerre » n’avait eu aucun impact négatif!

L’alternance des points de vue m’a bien ennuyée. Non seulement je n’ai rien appris d’essentiel avec Elian, mais en plus, je n’arrivais pas à différencier les deux voix! J’ai dû revenir en début de chapitre pour vérifier que j’avais bien le bon personnage en tête, et ce, malgré que les noms figuraient en amont. J’imagine que c’était pour crédibiliser la relation entre Lira et Elian? Bof bof, je m’en cogne les pâquerettes.

To Kill a Kingdom n’est pas un mauvais bouquin en soi, c’est juste qu’il ressemble à n’importe quel autre livre du genre. Ça et le fait que je ne me sois pas attachée aux personnages ont rendu cette lecture vide de sens.

 

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To Kill a Kingdom

 

Jennifer

Hello! Je suis une blogueuse littéraire qui lit en anglais et qui adore tellement bavarder qu'elle en écrit de longues revues. Oups. Mais c'est pas grave! Viens découvrir mes chroniques et passe du côté obscur de la force! On est bien du côté obscur, non?

8 pensées sur “To Kill a Kingdom de Alexandra Christo

  • Une lecture plus que mitigé. L’idée de départ était top. Dommage que l’auteur n’ai pas su l’exploiter comme il faut.

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    • Y avait matière à faire une intrigue plus intéressante et dynamique, ça c’est certain! J’en ai marre des livres qui suivent les mêmes trames, il n’y a ni plaisir ni surprise à les lire…

  • ça commençait bien, avec un résumé original, une réécriture et puis il y a ta chronique ! XD Super déçue, il y avait un tel potentiel et du coup à part l’héroïne au final, il y a rien de bien palpitant. Du coup, je ne vais pas tenter.

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    • Oui, je suis désolée de t’avoir donné de faux espoirs comme ça xD
      Malheureusement, non! Le tout est trop simpliste à mon goût x)

  • J’ai cliqué sur ta chronique, lu le résumé, eu envie de le lire et là… après lecture de la chronique … je suis refroidie ! ^^
    En revanche ta chronique est super, j’ai éclaté de rire en lisant « s’il fait trembler la mer, j’imagine que c’est de rire ? » xD

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    • Mes excuses pour t’avoir déçue xD
      Merci pour le compliment, je me suis prise la tête dessus, en plus! Finalement, Elian aura eu son utilité, sa nullité vous aura fait rire 😛

  • Anww. Ce livre me faisait envie mais en lisant ta review, je crois que je vais attendre un peu, ahah. En plus je suis pas mal déçue par les nouveautés en ce moment du coup j’essaye de faire attention maintenant à plus me jeter sans réfléchir sur tout ce qui bouge. XD
    Je suis pliée de rire devant ta chronique mdr « Bof bof, je m’en cogne les pâquerettes. » une expression que je vais réutiliser à l’avenir je pense, ahah. XD Et ma punch-line préférée évidemment: « S’il fait trembler la mer, j’imagine que c’est de rire? » #roasted

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    • Un sentiment que je partage, malheureusement x)
      Je vois pas ce que les gens trouvent de spectaculaire dans ce livre, franchement. Tu fais la traversée du désert durant toute l’histoire, puis à la fin, tu as enfin une once d’action – MAIS – elle est prévisible, bâclée et similaire à la majorité des YA. C’est blasant ^^

      Tant mieux si je t’ai fait rire, au moins ce livre aura servi à quelque chose, haha! Le sarcasme est ma seule arme face à ces navets 😛

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