Wintersong de S. Jae-Jones

Wintersong est le premier tome d’une duologie.

Il était une fois une petite fille qui jouait de la musique pour un petit garçon. Elle rêvait de devenir compositrice, il était le Roi des Gobelins. Mais plus le temps passa, plus la petite fille grandit et vint à oublier le petit garçon – mais lui ne l’oublia point. Elle continua sa vie à part, à aider ses parents à s’occuper de l’auberge familiale alors qu’elle aspirait à plus de grandeur, alors qu’elle souhaitait secrètement que les autres la voient. Pendant ce temps, le petit garçon s’éloigna de plus en plus de son humanité pour laisser place à un homme cruel et plein de malice. Quand la frontière qui sépara le monde souterrain de celui des mortels s’effondra, le Roi Gobelin décida d’enlever la soeur de la petite fille alors devenue grande pour l’attirer dans son repère. Pour sauver la vie de sa soeur, la jeune femme offrit sa main en mariage, et le Roi Gobelin accepta. Depuis, la jeune femme vit prisonnière dans le monde souterrain.

Avec une prémisse pareille, une si belle couverture et un titre aussi saisissant, je pensais vraiment aimer ce livre. Mais quelle immense déception! L’ouverture et la première moitié du livre m’avaient captivée, mais une fois l’action retombée et la mise en avant de la romance, je me suis vite ennuyée!

Liesl vit dans un village bavarois, et depuis toute petite, sa grand-mère lui nourrit l’esprit d’histoires horrifiques impliquant le Roi Gobelin. Mais au lieu d’être effrayée, celle-ci est fascinée, et ce, alors même qu’elle s’avère devenue une jeune femme de 19 ans. Passionnée de musique, elle puise son inspiration dans l’image qu’elle s’est façonnée de ce souverain impitoyable pour écrire ses compositions – mais pour autant, elle ne peut en faire son métier. Sa famille est ruinée et vit de la gestion d’une auberge. Avec un père quasi absent et alcoolique, Liesl doit assumer un rôle qui ne lui revient pas, abandonnant ainsi son rêve de devenir compositrice. A tout cela s’ajoute son statut de femme, laide et ronde de surcroît.

Son jeune frère, Josef, est un prodige du violon – étant un garçon il bénéficie de toute l’attention de leur père et des dénicheurs de talents. Pourtant, si Josef est un excellent musicien, ce sont les créations de Liesl qui reçoivent l’acclamation du public. Toutefois, Liesl se sent invisible et incapable, et préfère que ses compositions demeurent reconnues comme étant celles de son frère. Elle veut que son talent reste secret puisqu’il s’agit de la seule partie d’elle-même qui n’a pas encore été souillée par la honte et l’expropriation.

Malgré des idées intéressantes, j’ai vraiment eu du mal à me connecter aux personnages. Au début, on a une Liesl fragile et totalement dévouée à sa famille, surtout à son frère Josef. Ca faisait mal de la voir se dénigrer de la sorte. Elle se sent laide, indésirable, indigne. Je pensais que sa rencontre avec le Roi Gobelin allait tout changer, mais je trouve que la protagoniste n’a pas réellement avancé. D’un point de vue musical, l’héroïne s’affirme en embrassant son talent et ses émotions – mais d’un point de vue humain, elle a régressé devenant dépendante de l’essence du Roi Gobelin pour combler son mal-être. De plus, elle a sans cesse des sauts d’humeur, un coup elle est en colère contre le Roi Gobelin, un coup elle veut le voir – et tout ça se passe dans l’espace d’un instant. Je ne savais plus vraiment où me situer!

La protagoniste reste beaucoup trop attachée au fait qu’elle soit laide, je crois que c’est l’aspect qui m’a le plus marquée dans le livre. Pourtant, au départ, elle semblait être raisonnable en acceptant la vérité telle qu’elle était, mais avec le Roi Gobelin elle est toujours blessée par l’honnêteté dont il fait preuve – et qu’elle demande de lui. J’en avais vraiment marre..!

De même, je n’ai ressenti aucune émotion émanant des personnages. Lorsque la protagoniste perd sa soeur, elle ne véhicule aucun sentiment. J’avais l’impression qu’elle partait à sa recherche par principe et non par amour. Limite, c’est un soulagement parce qu’elle va pouvoir rencontrer le Roi Gobelin. Pour preuve, à chaque fois qu’elle a une chance de sauver Käthe, Liesl est figée par la beauté du kidnappeurOuais, carrément!

You are the monster I claim, mein Herr.

Quant à la romance, je n’ai ressenti aucune passion, aucune profondeur. Toute la deuxième partie du livre traîne en longueur, et au final je n’ai rien compris au changement soudain des personnages. Durant tout le roman, les protagonistes gardent une certaine distance, et puis vers la fin tout devient clair comme de l’eau de roche. Ils s’aiment! C’est magique! C’était tellement brutal et banal que la simple scène annule toute l’utilité des interactions antérieures! A quoi bon apprendre à se connaître, quand il suffit de se regarder dans les yeux pour tomber amoureux?

Je n’étais pas confortable non plus avec les scènes de sexe, en fait j’ai trouvé toute la relation malsaine. Quand le Roi Gobelin dit non, Liesl insiste toujours, elle lui force la main et ça m’a juste énervée. Elle n’a aucun respect pour les émotions du Roi Gobelin, elle veut juste assouvir ses envies, et ça n’illustre que trop bien à quel point l’héroïne a régressé par rapport à ses valeurs de départ. Pire encore, Liesl a besoin d’être brisée sexuellement pour retrouver son inspiration musicale. Encore une fois, gros moment d’inconfort. Briser quelqu’un sexuellement… Je ne comprends pas. Il faut se faire violenter pour retrouver son estime de soi? Hmm…

Parlons maintenant de l’aspect musical qui est omniprésent dans le récit – il y a même de quoi en faire une overdose. Alors oui, au début je trouvais ça mignon, la musique de l’âme et tout le tralala… Sauf que j’ai eu l’impression de lire un cours de musique. L’auteure utilise un lexique technique et propre à l’univers musical qui n’avait pas besoin d’être autant exploré. Je pense qu’elle aurait pu se contenter du strict minimum sans nous assommer de termes spécifiques. D’ailleurs, je crois que la passion de la musique empiétait trop sur l’expression des sentiments, et c’est fort dommage. On se retrouve avec des personnages qui aiment la musique de chacun, mais qui ne prêtent pas assez attention à la personnalité de l’autre.

Mon autre déception concerne l’univers lui-même. On a pas mal de descriptions mais elles restent pointées vers le paysage, jamais destinées à éclairer le rapport magique qui lit le monde des mortels à celui des Gobelins. La nature intrépide des Gobelins auraient pu apporter davantage d’action, de challenge pour l’héroïne, mais ce ne fut pas le cas.

Au final, le point positif, c’est le Roi Gobelin. Même si je n’ai pas développé d’attachement quelconque, c’est un personnage que j’ai trouvé intéressant. On ne sait que très peu de choses sur son passé, mais c’est assez intriguant. Cependant, j’aurais aimé voir son côté joueur plus souvent. L’auteure nous affirme qu’il aime faire des jeux complexes et cruels, mais je l’ai trouvé assez gentil en fin de compte…

Quant à l’intrigue, je la cherche encore… Tout était trop facile pour Liesl, et surtout beaucoup trop prévisible. Je n’ai pas été surprise une seule fois, c’est pour dire! La fin était tellement frustrante, on passe à travers toutes ces étapes juste pour avoir droit à ça.

Trop de longueurs, de scènes inutiles, je pense que toute l’histoire aurait pu tenir en un seul tome. Je reconnais néanmoins que l’auteure a un très beau style d’écriture!

Je ressors de ce récit confuse et insatisfaite. Il y avait tellement de potentiel… *Soupire*

 

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Wintersong

 

Jennifer

Hello!
Ici Jennifer, blogueuse littéraire qui lit en anglais et qui adore tellement bavarder qu’elle en écrit de longues revues. Oups. Mais c’est pas grave! Viens découvrir mes chroniques et passe du côté obscur de la force! On est bien du côté obscur, non?

2 pensées sur “Wintersong de S. Jae-Jones

  • Oui, ça a été une grosse déception! Je m’attendais à tellement mieux, tout me faisait envie dans ce roman… 🙁
    Hehe, je prend tout le mérite pour le synopsis vu que j’en suis l’auteure 😀

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  • Bon. Ben je pense que je vais passer mon tour. Trop de points négatifs qui risquent de ne pas me faire accrocher… Dommage parce qu’effectivement le synopsis était prometteur !

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